HESTRE, ou Haistre. s. m. Arbre de haute fustaye qui porte une espece de fruit qu'on appelle fayne. Le bois de hestre est sec & petille fort dans le feu. Quand il est fendu, on y voit plusieurs petites parties luisantes & polies. Le hestre est mis au rang des arbres qui portent gland, & est pris par quelques-uns pour une quatriéme espece de chesne, quoy que son fruit n'en ait pas la forme ; car au dehors il est rond, moussu, aspre & piquant ; & au dedans il y a des petits noyaux faits en triangle qui ont une petite peau polie, lissée & noire comme des chastaignes. Il est agreable au goust & stiptique. Ceux de Chio soustinrent autrefois un long siege en ne vivant que de fayne. Les rats velus ou loirs, les souris, les escureuils, les merles & autres oiseaux en sont fort friands, & s'en engraissent. Il y a encore un arbre qui est une espece de hestre nommé phellodrys, qui porte aussi du gland, qui luy est tout à fait semblable par le bois & par l'écorce, quoy que sa feuille soit semblable au liege. Ce bois se debite en planches, poteaux & membrures, qui sert à faire des meubles & autres ouvrages de menuiserie. On en fait aussi des goberges pour les faiseurs de coffres & layettes, & des ouvrages de Boisselier, Sellier, & Bourrelier, comme Ferches, éclisses, pelles, cuilliers, sabots, arçons, atteloires, &c. Les cotrets de hestre sont les meilleurs. On l'a appellé autrement, fou, fau, fayne, feyne, faux & fouteau. En Latin fagus. Ce mot vient de l'Allemand hester. Menage.
s. m. Grand bastiment élevé à l'honneur de quelque Divinité, vraye ou fausse, où le peuple s'assemble pour l'adorer. Dans la vieille Loy il n'y avoit qu'un Temple dedié au vray Dieu, qui fut basti par Salomon en Jerusalem. Le Temple de Diane d'Ephese a été mis au rang des merveilles du monde. Les Payens ont élevé une infinité de Temples à leurs faux Dieux, & même à la Fiévre, à la Fortune, &c. Les Romains ont consacré des Temples à leurs Empereurs. Les Indiens ont aussi des Temples magnifiques pour leurs idoles que les Europeans appellent Pagodes. On tient que les Egyptiens ont été les premiers qui ont reconnu des Dieux, & qui leur ont élevé des Temples.
adj. m. & f. Qui est visqueux, qui s'attache si fort à un corps, qu'on a de la peine à l'en detacher. La poix, la glu, font des corps tenaces. Ce qui fait la plus-part des maladies, sont des humeurs gluantes & tenaces, qui s'attachent aux parois ou parties internes du corps humain.
s. m. est un Champion qui se presente dans un tournoy, ou un autre jeu ou exercice de Chevalerie, pour combattre, soustenir, ou courir sur tous ceux qui se viendront presenter, & qui entreprennent de deffendre quelque pas ou passage. Ceux du party contraire s'appellent Contretenants. Un tel Chevalier étoit le Tenant en un tel tournoy. On appelle proprement Tenants, ceux qui ouvrent le Carrousel, qui font les premiers deffis par les cartels qu'ils font publier par les Herauts. Ce sont ceux qui composent la premiere Quadrille. Les autres sont les Assaillants. Ils sont ainsi nommés, à cause qu'ils soustiennent les armes à la main contre tous venants les propositions qu'ils ont avancées. On le dit aussi par extension, de ceux qui sont attachez en quelque lieu pour le deffendre, ou l'attaquer. Il y a plusieurs personnes qui vont galantiser cette Dame, mais un tel est le tenant, le plus assidu.