s. f. Vaisseau servant de mesure chez les Anciens, qui estoit la moitié du Septier Romain. Mr. Arnaud a fait une petite Dissertation sur l'hemine fort curieuse. Ce mot vient du Grec signifiant moitié. St. Benoist a establi l'hemine pour la portion de vin qu'on devoit donner aux Religieux de son Ordre à chaque repas : surquoy a écrit aussi le Pere Mabillon, qui a fait voir que c'estoit une mesure particuliere à l'Ordre de St. Benoist ; de même que la livre de pain qui leur estoit accordée estoit de 15. onces. L'hemine estoit aussi une mesure de froment qui contenoit environ deux bichets.
TEIGNE, ou TIGNE. s. f. Ver qui ronge les estoffes. Que la tigne ou les vers se mettent dans leurs pannes : c'est une imprecation de la Satyre contre les Marchands.
TEIGNE, est aussi une galle espaisse qui vient à la teste avec écailles & croustes, de couleur cendrée, & quelquefois jaune, hideuse à voir, avec une senteur puante & cadavereuse. Il y a trois sortes de teigne. La premiere est appellée squammeuse, à cause que quand on la gratte, il en sort plusieurs écailles semblables à du son. La seconde a sous sa crouste jaunastre de petits grains de chair rouge comme ceux d'une figue. La troisiéme est corrosive, qui a plusieurs ulceres & petits trous, d'où sort une sanie sanglante & puante, de couleur plombine ou jaunastre. Ambroise Paré dit que ce mot vient de tinea, à cause qu'elle mange la teste, comme les vers mangent les habits.
s. m. Ancien Officier de guerre & de ceremonie, qui estoit autrefois en grande consideration, & qui avoit plusieurs belles fonctions, droits & privileges. Son principal employ estoit de composer ou de dresser des Armoiries, des Genealogies, & des preuves de Noblesse. Les Herauts estoient Surintendants des armes, & conservateurs des honneurs de la guerre, dont le blason est un symbole. Ils avoient droit aussi d'oster les Armoiries à ceux qui meritoient d'estre degradez de Noblesse pour leur lâcheté & trahison. Ils avoient le pouvoir de reprendre les vices des nobles mal-vivants, & de les chasser des joustes, tournois, & behours. Ils recevoient & verifioient les preuves du nom & des armes des Chevaliers, & faisoient peindre leurs quatre quartiers dans leurs livres armoriaux & cartulaires de Chevalerie. Ils avoient droit de corriger tous les abus & usurpations des couronnes, casques, timbres & supports, & connoissoient des differents entre les Nobles pour leurs blasons, pour l'antiquité de leurs races & préeminences ; & même la Cour les a quelquefois mandez pour avoir leur advis sur les differents de cette nature qui y estoient pendants. Ils alloient même dans les Provinces pour faire des enquestes fur la Noblesse, & avoient droit de se faire ouvrir toutes les Bibliotheques, & de se faire communiquer tous les vieux titres des Archives du Royaume. Ils avoient l'entrée en toutes les Cours des Princes estrangers pour y annoncer la guerre ou la paix, & leurs personnes estoient sacrées comme celles des Ambassadeurs. Il estoit de leur charge d'aller publier les joustes & tournois, de convier à y venir, de signifier les cartels, de marquer le champ, les lices ou le lieu du duel ; de faire les cris pour appeller tant l'assaillant que le tenant, & de partager également le soleil aux combattans à outrance. Dans la guerre ils advertissoient les Chevaliers & Capitaines du jour qu'on donneroit la bataille, où ils assistoient en haut appareil devant le grand Estendart ; & dans le choc ils se retiroient en un lieu eslevé pour voir ceux qui auroient le plus vaillamment combattu, & en faire le rapport au Roy. Ils faisoient le denombrement des morts, relevoient les enseignes, redemandoient les prisonniers, sommoient les places de se rendre, & dans les capitulations ils marchoient devant le Gouverneur de la ville pour asseurer sa personne. Ils estoient les principaux juges du partage des despouilles des vaincus & des recompenses militaires. Ils publioient les victoires, & en portoient les nouvelles aux pays estrangers. Ils publioient la feste de la celebration des Ordres de Chevalerie, & s'y trouvoient vestus du nom & des marques de l'Ordre. Ils faisoient la convocation des Estats Generaux, & y assistoient pour empêcher la confusion & les differents sur les preseances. Ils assistoient aux mariages des Rois & souvent en faisoient la premiere demande, comme aussi aux festins royaux qui se faisoient aux grandes festes de l'année, quand le Roy tenoit cour pleniere & grand tinel, où ils appelloient le Grand Maistre, le Grand Pannetier, le Grand Boutillier, pour venir faire leur charge. Ils faisoient aussi les ceremonies des obseques des Rois, & enfermoient dans le tombeau toutes leurs marques d'honneur, comme sceptre, couronne, main de justice, &c.