s. m. Grand bastiment élevé à l'honneur de quelque Divinité, vraye ou fausse, où le peuple s'assemble pour l'adorer. Dans la vieille Loy il n'y avoit qu'un Temple dedié au vray Dieu, qui fut basti par Salomon en Jerusalem. Le Temple de Diane d'Ephese a été mis au rang des merveilles du monde. Les Payens ont élevé une infinité de Temples à leurs faux Dieux, & même à la Fiévre, à la Fortune, &c. Les Romains ont consacré des Temples à leurs Empereurs. Les Indiens ont aussi des Temples magnifiques pour leurs idoles que les Europeans appellent Pagodes. On tient que les Egyptiens ont été les premiers qui ont reconnu des Dieux, & qui leur ont élevé des Temples.

TEMPLE, se dit maintenant des bastiments où les Protestants & les pretendus Reformez s'assemblent pour exercer leurs actes de Religion. Les Mécontens de Hongrie font la guerre pour ravoir les Temples qu'on leur a ostés, pour le rétablissement de leurs Temples.

TEMPLE, se dit quelquefois dans le stile élevé, des Eglises des Chrêtiens. Ce Prince a deffendu l'honneur de nos Temples, a dompté ces rebelles qui avoient profané nos Temples. On appelle aussi Temples, les Eglises que possedoient les Templiers. Le Marais du Temple est ainsi appellé, à cause d'une Eglise de ce nom.

TEMPLE, se dit aussi poëtiquement de ces imaginations de Temples qui ne subsistent que dans la fiction & dans la pensée. Le Temple de la Mort de Habert. Le Temple de la Gloire, le Temple de Memoire, ou des Muses, de la Victoire, de la Renommée. On dit aussi, Ce Prince merite qu'on luy éleve des Temples & des autels, pour dire, qu'on le louë, qu'on dresse des monuments à sa gloire.

TEMPLE, se dit aussi figurément des corps humains. Les Chrêtiens sont les temples vivants du St. Esprit, dit St. Paul. Le Seigneur entendoit parler du temple de son corps, quand il disoit qu'il pouvoit détruire & reedifier en trois jours le temple.

Les amants profanes disent que leur maistresse est le temple de la beauté, de l'amour.