subst. masc. Piece de menuë monnoye valant 12. deniers tournois. Les sous parisis ou sous marquez, ou tapez, valent quinze deniers. Une livre vaut vingt sous, un escu soixante sous. On dit un pasté, un pain d'un sou. Il y avoit aussi autrefois des sous d'argent. Les sous de fer, autrement de la Rochelle, ont esté descriés. C'est un pauvre homme qui n'a ni sou ni double. Il n'a pas receu un sou de la dot de sa femme. Il est entré pour cinq sous dans cette Ferme, c'est à dire, il y est associé pour un quart. Il ne jouë qu'à tire sou, c'est à dire, petit jeu. La subvention est l'imposition du sou pour livre sur les marchandises. On prononçoit autrefois sol, & on le dit encore en cette phrase, Au sol la livre, pour dire, A proportion du principal. Ce mot vient de solidus, selon Menage.
s. m. Plante qui porte une fleur du même nom. Elle est ronde, & a de petites feuilles d'un jaune foncé tirant sur l'orengé. On dit de ceux qui ont la jaunisse, qu'ils sont jaunes comme souci. Ce mot vient de solsequium Latin, comme les Grecs ont dit heliotropium. Menage. On l'appelle en Latin caltha, ou calthula, ou calendula. Les Italiens l'appellent fior rancio, & en usent dans leurs salades.
s. f. Herbe dont on tire un sel lexivial le plus poreux de tous les sels. C'est cette herbe qui a donné le nom aux sels alkalis, opposez aux acides, qui sont les deux principes de la Physique moderne. Car en Arabe al signifie sel, & kali, soude. Tous les sels des autres plantes s'appellent aussi alkali ; mais parce que celuy de la soude est le plus poreux, on l'appelle par excellence le sel alkali. Cette plante porte une feuille ronde semblable à celle de la petite joubarbe. Elle jette une tige noüée, qui à mesure qu'elle croist, produit de chacun de ses noeuds des feuilles grosses, grasses & creuses au milieu, qui depuis le pied, qui est gros, vont toûjours en diminuant jusqu'à la cime, & là ses feuilles sont petites, minces & rouges, du milieu desquelles sortent de petites boules rondes qui enferment une petite graine. Toute la plante a un goust salé comme le fenouil marin. La soude, la fougere, servent à faire du verre, des lescives, &c.
s. f. Potage fait avec beaucoup de pain & de bouillon ou jus de viande, ou d'autres matieres, qu'on sert à l'entrée du repas. Quand on invite quelqu'un à disner par occasion, on luy dit, Voulez-vous venir manger de ma soupe ? La meilleure soupe est celle qui est bien mitonnée. On nourrit les Vendangeurs avec de la soupe aux choux. On dit que la soupe nourrit le soldat ; qu'une soupe à l'oignon refait la teste. Une soupe à la Jacobine, aux porreaux, aux navets, &c. Voyez POTAGE. On dit d'un escornifleur, qu'il va chercher les bonnes soupes, qu'il va gueuser de la soupe. Ce mot vient de l'Italien zuppa, ou suppa, fait du Latin sapa, qui signifie bouillon qui par la cuisson est reduit au tiers. Quelques-uns le derivent de l'Alleman soupp, qui signifie la même chose ; d'autres de souben, qui en langage Celtique ou Bas-Breton signifie soupe.