s. f. Viande, chair, ou poisson, &c. qu'on mange dans tous les repas outre le pain. On donne à chacun la pitance. Cela leur vaut foin & pitance. Ce mot n'est plus en usage que chez quelques Religieux. Du Cange dit qu'il vient de pictantia, qu'on a dit dans la basse Latinité pour une portion monacale qui étoit donnée à deux Moines dans une écuelle, & qui étoit composée de poisson, ou autres mets, meilleurs que ceux des legumes. Quelques-uns ont derivé ce mot à pietate. Plusieurs autres, comme Saumaise, le derivent à pittacio, qui signifioit une ration ou portion telle qu'on donnoit aux soldats, dont il est parlé dans plusieurs loix du Code Theodosien ; & depuis on l'a appliqué à des Chanoines & à des Moines. Le mot pittacia signifioit un titre ou écriteau qu'on mettoit dessus les vaisseaux pour marquer ce qui étoit contenu au dedans, ou leur destination.
adj. m. Qui se peut reduire en liqueur, en boisson, qu'on peut avaler. Il y a des eaux si dangereuses, qu'elles ne sont pas potables, comme celles du Stix. Les Chymistes charlatans pretendent faire de l'or potable, & ils n'en peuvent tirer que la teinture.
POTAGER, ERE. adj. & subst. Qui appartient au potage. On appelle en un jardin le potager, l'endroit où on cultive les herbes potageres, les legumes potagers, qu'on met au pot pour faire des potages. Dans la cuisine on appelle le potager, le lieu un peu élevé où on dresse les potages, où il y a plusieurs petits fourneaux sur lesquels on les fait mitonner. Il y a aussi chez le Roy des Officiers Potagers, qui ont soin des potages ; & des Potagers privilegiez suivant la Cour, qui sont des Cuisiniers & Traiteurs. On appelle grand potager, celuy qui aime fort le potage.