VIOLET, ETTE. adj. & subst. Couleur meslée de bleu & de rouge, qui ressemble à la fleur qui porte ce nom. Le violet est la couleur de l'Eglise que portent les Ecclesiastiques, & sur tout les Evesques. La teinture la plus estimée des Anciens étoit la pourpre violette. Il y a des pesches & des prunes violettes, qui approchent de cette couleur, & qui sont excellentes. On dit aussi, qu'un corps est tout violet, lors qu'il est meurtry, qu'il est gelé de froid, qu'il est couvert de pourpre, parce qu'il tient un peu de cette couleur.
s. m. Instrument de Musique portatif, qui n'a que quatre cordes de boyau, dont le manche est sans touches, & dont on jouë avec un archet. Il a trois parties comme les autres instruments, sçavoir la table, le manche, & le corps resonnant. Il a deux ouvertures aux costez qui s'appellent ouyes ; & quelquefois une en haut faite en forme de coeur. Son chevalet est au dessous des ouyes, qui porte les cordes qui sont attachées au bas de l'instrument à une petite piece de bois qu'on nomme la queuë, qui tient par un bouton qu'on nomme le tirant. Son manche s'appelle absolument la touche. Ses sons aigus sont plus gays, & font plus d'effet sur l'esprit que ceux de tous les autres instruments, dont il a été nommé le Roy par quelques-uns. Son accord est de quinte en quinte. Le jeu de violons est composé de basse, de hautecontre, de taille & de dessus, à quoy on peut adjouster une cinquiéme partie. Chaque partie à quatre quintes, qui montent jusqu'à la dix-septiéme majeure. Le violon est l'instrument le plus propre pour faire danser, & tient le dessus dans les concerts où il y a d'autres instruments. Ce mot vient de l'Espagnol biolone, & viole de biola, & vielle de vihuela. Menage.
s. f. Arbrisseau fort flexible qui s'entortille autour des autres arbres. Ses feuilles sont blanches, & semblables à celles de l'orme, toutesfois plus veluës & dentelées alentour, & croissent de deux costez de la branche par noeuds & intervalles, & ont un goust brusque & astringent. Sa fleur est blanche, & faite en bouquet, de laquelle pendent certains grains applatis comme lentilles, qui sont verds au commencement, & puis rouges, & enfin noirs. Ses racines sont quasi à fleur de terre ; & quand elles sont pourries, cuites & broyées, on en fait de la glu à prendre des oiseaux. Ses branches sont si souples, qu'on s'en sert à lier des fagots, à faire des paniers, des berceaux, &c.
s. f. Petit serpent dont la morsure est tres-venimeuse. La vipere a la teste plus platte & plus large que n'ont les autres serpens. Elle a le bout du museau relevé & retroussé presque comme celuy du cochon. Elle est longue environ d'une aune, & sa grosseur est d'un pouce. Elle a seize dents à chaque mâchoire, petites & immobiles. Elle en a deux autres grandes canines, crochuës, creuses, transparentes, & fort pointuës, flexibles dans leur articulation, situées aux deux costez de la maschoire superieure, qui sont couchées, & qui ne se dressent que quand la vipere veut mordre. La base de ces dents est entourée d'une vesicule contenant la quantité d'une bonne goutte d'un suc saliveux, jaune, fade & innocent. Elle n'a qu'une rangée de dents à chaque maschoire, au lieu que les autres serpens en ont deux. Sa queuë est plus courte. Son corps n'a rien de puant ; au lieu qu'on a peine à souffrir la puanteur des parties interieures des autres serpens. Elle rampe assez lentement, & ne bondit pas comme les autres, quoy qu'elle soit prompte & agile à mordre, lors qu'elle est irritée. Le masle a ses parties naturelles doubles, couvertes de pointes dures & aiguës ; & la femelle double matrice. Leur corps est de deux couleurs, d'un gris plus clair, ou plus obscur ; ou d'un jaune plus doré, ou plus tirant sur le rouge : & le fonds est parsemé de taches longues & brunes. Les escailles situées en travers sous son ventre sont de la couleur de l'acier bien poli. Elle met bas ses petits vivants ; au lieu que les autres serpens vuident leurs oeufs, & puis les couvent : delà vient qu'on l'appelle vivipara. Elle produit ses petits enveloppez en de petites peaux qui se rompent le troisiéme jour. Elle en jette jusqu'à 20. mais elle n'en pousse dehors qu'un par jour. Les Anciens, & entre autres Pline & Galien, disent qu'ils tuent leur mere en naissant. Les viperes mangent les buprestes, les cantharides & les scorpions ; ce qui rend leur venim plus dangereux. Neantmoins plusieurs Auteurs disent que les Indiens tant d'Orient que d'Occident mangent des viperes comme on fait icy des anguilles. Matthiole rapporte plusieurs exemples comme les viperes mortes dans du vin guerissent les ladres ; & Galien dit que leur chair fait venir des poux à ceux qui en mangent. Charras a écrit de la vipere, & en a fait plusieurs experiences. Francesco Reddi en a aussi fait un beau Traitté. Mais ils sont bien contraires en leurs experiences. Car Francesco Reddi pretend que tout leur venin est dans deux vesicules qui couvrent leurs dents, d'où il sort une liqueur jaunastre, quand elles mordent, qui envenime la playe : au lieu que Charras dit avoir experimenté que cette liqueur n'est point venimeuse, & qu'il en a fait manger à des pigeons, sans qu'ils en ayent été incommodez ; & qu'il faut que ce venin consiste dans les esprits irritez de la vipere, qu'elle pousse dehors dans sa morsure, qui sont si froids, qu'ils coagulent le sang, & empeschent la circulation. Car il demeure d'accord, qu'il n'y a dans la vipere ni humeur, ni excrement, ni partie aucune, non pas même le fiel, qui étant avalée puisse faire mourir. Au contraire le sel de vipere, la chair de vipere, sont de grands remedes, & on fait de la poudre de viperes de la chair de viperes sechées, couppées, pilées & passées par un tamis, qui est souveraine pour plusieurs maladies. On dit que le cerf a une grande avidité à devorer les viperes. C'est une erreur populaire, de croire que la salive d'un homme à jeun fasse mourir les viperes, quoy qu'Aristote & Galien disent l'avoir souvent experimenté.
s. m. Urine d'animaux. Le grand remede chez les Indiens est de faire avaler à un malade du pissat de vache. Les langes des petits enfans sentent le pissat. Ce mot vient de pis, vieux Gaulois qui signifioit poitrine & mammelle, comme témoigne Nicod, d'où est venu aussi le pis de la vache, parce que quand on le presse il semble qu'elle pisse.