s. m. Airain, metail qui se trouve dans les mines de vitriol. Il est dur, sec & pesant, & le plus ductile aprés l'or & l'argent. Il le faut fondre plusieurs fois, & le laisser refroidir, quand il vient des mines, avant qu'il puisse être malleable & ductile. Sa matiere est un soulfre mal digeré, & un mercure jaune, & un sel rouge. Les Chymistes l'appellent Venus, croyant qu'il a du rapport à cette Planete. Toute la fonte ou la bronze est faite de cuivre avec quelque mélange d'estain, ou d'antimoine. On l'appelle rosette, quand il est rouge, comme il l'est dans sa premiere fusion ; & en Latin aes pelosum. Quand il est jaune, il est meslé avec de la calamine : c'est une terre jaune qu'on trouve vers le pays de Liege, avec laquelle on le fond, & il augmente son poids de dix pour cent. On l'appelle aussi letton, & en Latin aurichalcum, comme qui diroit aes aureum. On en fait la plus-part des utenciles du mesnage & de cuisine. On reblanchit le cuivre jaune avec de l'esprit d'arsenic & d'orpiment. Les Chymistes appellent safran de Venus, celuy qui se fait de lames de cuivre stratifiées avec du sel decrepité en poudre dans un creuset, quand on les a esteintes dans l'eau, & ratissées avec des brosses de fer. Ce safran est tres-rouge, & on en fait des emplastres pour mondifier les playes & les ulceres. On a pretendu que l'esprit de cristal, ou safran de Venus, estoit un veritable alkaest capable de dissoudre totalement les perles, les coraux, les yeux d'escrevisse, plus facilement que tous les autres dissolvans. On donne aussi le nom de safran de Venus à l'aes ustum. On appelle le verd de gris ou rouilleure de cuivre, aerugo. Ce mot de cuivre vient du Latin cuprum, ainsi appellé, quasi aes Cyprium, parce qu'il a été trouvé premierement en l'Isle de Chypre, comme dit Pline. On appelle cuivre vierge, celuy qui sort de la mine, qui n'a point été fondu.
s. m. Gros boyau que les Medecins appellent colon, qui est celuy où s'arrestent & se figurent les gros excrements. Il est situé entre le caecum & le rectum. Voyez Colon.
CUNTUR, ou Condor. s. m. C'est un oiseau fameux au Perou, & que les peuples ont adoré comme un de leurs principaux Dieux. Il y en a de si grands, qu'ils ont cinq à six aunes de long à les mesurer d'une pointe de l'aile à l'autre ; & qui sont si furieux, qu'il s'en est trouvé qui ont tué des Espagnols. C'est un oiseau de proye qui n'a aucunes serres comme les aigles. Ses pieds ressemblent à ceux des poules. Il a un bec si fort & si dur, qu'il en perce le cuir d'un boeuf ; & que quand ils sont deux, ils combattent un taureau, & le mangent. Il est tacheté de noir & de blanc comme les pies, & a sur la teste une creste faite en façon de rasoir, differente de celle du coq, en ce qu'elle n'a aucune pointe. Son vol est si effroyable, que du grand bruit qu'il fait il estourdit ceux qui le voyent fondre à terre. Les Espagnols le nomment condor. Histoire des Incas. Le Pere Jeronimo Lobo dit qu'on trouve aussi des oiseaux condor dans la region de Sophala, des Caffres & de Monomotapa jusqu'au Royaume d'Angola. Ils sont semblables à l'aigle. Ils ont des plumes qui ont 28. palmes de long, & trois de large, dont le tuyau est long de 5. palmes, & de la grosseur du bras, lequel est blanc, & la plume noire. Il y en a qui ont la grandeur de deux élephants joints ensemble, & qui ont emporté des vaches & autre bestail, & qui ont d'estenduë d'un bout d'une aîle à l'autre jusqu'à 30. pieds. On en a vû qui ont vomy jusqu'à 200. livres de chair. C'est peut-être le rouch des Arabes. Cela est tiré de l'Histoire d'Ethiopie du Pere Bolivar. On garde dans le Tresor de la Ste. Chapelle une serre d'oiseau qui fait voir qu'il y en a de bien grands.
s. f. Espece d'herbe qu'on appelle autrement poivre d'eau. Elle croist auprés des eaux dormantes. Sa tige est noüée & ferme, ayant quelques concavitez d'où sortent ses feuilles, qui ressemblent à celles de la menthe, toutefois plus grandes, plus molles & plus blanches. Elles ont le goust fort & picquant, comme le poivre, sans avoir son odeur. Sa semence pend au bout de petits tendons qui sont auprés de ses feuilles en maniere d'espic ou de grappe. En Latin piper aquaticum, ou hydropiper. Ruellius dit que c'est l'eupatoire des Anciens.