COQUET, ETTE. s. m. & f. & adj. Qui est galant, qui se picque de se faire aimer, & de plaire aux Dames ; Dame qui tâche de gagner l'amour des hommes. Les coquets n'ont jamais de veritable attache, ce sont des coureurs, des inconstants. Les coquettes tâchent d'engager les hommes, & ne veulent point s'engager. On dit aussi, un esprit coquet, un amour coquet. Menage aprés Pasquier derive ce mot de coc. Mais il vient plustost de coquart, vieux mot François qui signifie un jaseur, parce que les coquets sont des babillards qui ont de frivoles entretiens.
COQUIN, INE. subst. & adj. Terme injurieux qu'on dit à toutes sortes de petites gens qui menent une vie libertine, friponne, faineante, qui n'ont aucun sentiment d'honnesteté. Les pousseculs, les Records sont des coquins, font un mestier de coquin. Les garces sont toutes de grandes coquines. Ce mot vient de cocus, comme qui diroit, il ne bouge de la cuisine. En vieux François on appelloit coquine, un pot ou marmite : d'où vient que le vray coquin est celuy qui suit les cuisines d'autruy pour vivre. Plaute témoigne qu'on a donné le nom de cocus à un larron ; & Du Cange dit que dans la basse Latinité on a appellé cocciones, des vagabonds qui hantent les Foires pour dérober les Marchands, & coupper des bourses.
CORAIL, ou Coral. s. m. Plante maritime qui croist au fond de la mer. On en voit des arbrisseaux de la hauteur d'un homme. Ils s'arrachent du fond de la mer avec des crochets en forme d'ancres. On en trouve de rouge, de blanc & de noir en une même branche. On en voit aussi de verd, de jaune, de cendré, de sombre, & d'autre couleur meslée, & dont les extremitez des branches paroissent visiblement n'estre que du bois, les autres estant changées en corail blanc & rouge : ce qui monstre qu'il se forme peu à peu d'un suc petrifiant, & qu'il ne rougit qu'aprés avoir acquis sa pleine maturité, comme font les fruits. Lors que les branches sont verdes ou blanches, c'est une marque qu'il n'est pas encore meur. Il est terrestre, rude & rabotteux au sortir de la mer, & on ne peut connoistre sa bonté, qu'il ne soit poly. Le rouge & le blanc sont les plus estimez. On tient que le corail est plus rouge porté par un homme que par une femme ; & qu'estant porté par un malade, il devient pasle, livide & tout taché, desorte que par le changement de sa couleur il advertit de quelque maladie prochaine. On luy rend sa couleur en le suspendant sur du fumier, ou en le couvrant de semence de moustarde, ou en le lavant avec du pain mouillé. Le corail noir est appellé par Dioscoride antipathes. Pline dit qu'il ne s'endurcit & ne devient rouge qu'au sortir de l'eau, & que c'est un arbrisseau verd dont les grains & les boutons sont hors de l'eau : mais il se trompe. Le corail se tire vers le Bastion de France en Afrique, & vers l'Isle de Corse & de Majorque, à Tabarque & vers le Cap de Quiers en Catalogne. Les anciennes pescheries étoient la Mer Persique, la Mer Rouge, la Mer de Sicile & de Naples. On n'en trouve point dans l'Ocean. Le Pere Kirker dit qu'il y a des forests entieres de corail dans la Mer Rouge. On en voit des branches toutes mangées de vers comme du bois vermoulu. Les Japonnois font plus de cas du corail que de toutes les pierreries. En Pharmacie on se sert de perles & de coraux mis en poudre. On en fait des syrops. On en tire des teintures, & il sert à plusieurs medicaments. On le nomme en Grec & en Latin lithodendrum, comme qui diroit pierre-arbre. Gantius a escrit l'Histoire du Corail, & dit que c'est un mineral qui vegete. Les Anciens l'ont aussi appellé Gorgonium, parce qu'ils croyoient qu'il se petrifioit à l'air comme à la veuë de la teste de Meduse. Le jus de citron tire la teinture du corail, & le fait devenir blanc comme neige, quand il y a trempé un jour ou deux, estant pulverisé.
s. m. est un vieux mot qui signifioit autrefois corbeau. On disoit aussi autrefois corbiner, pour dire, Derober, faire le mestier de corbin ou de corbeau, deschirer ou tirer ce qu'on pouvoit attraper d'une carcasse. On a aussi appellé au Palais Corbineurs, ceux qui tiroient la piece des plaideurs, & ruinoient des parties. Et en general on appelle encore en plusieurs Provinces Corbineurs, les gens qui trompent les autres par leur flatterie : ce qui a été dit par allusion à la fable d'Esope, du Renard qui trompa le corbeau.