SAULE, ou SAUX. s. m. Arbre qui vient dans les prez & lieux marescageux, qui porte des osiers. Le saule vient de bouture de plançons, croist assez viste, & ne dure pas long-temps. Il y a des sanles qui croissent en perches, d'autres en osiers. Ceux-cy s'appellent franc-osier. Il y en a encore de plus petits, dont on fait des paniers. Ils ont tous les feuilles semblables à l'olivier, c'est à dire, longuettes, verdes dessus, & blancheastres pardessous. Pline dit qu'il jette trois sortes de larmes. On appelle aussi l'agnus castus, saule d'Amerique, parce qu'il ressemble en quelque façon à un saule qui est venu de ce pays-là. En Latin salix, vitex.
adj. m. Quelques-uns écrivent par corruption sor, ou soret. Hareng salé & seché à la fumée. Les Fruitieres appellent un hareng saur, de l'appetit. Ce mot vient de saur, qui en vieille Langue Gothique signifie couleur rousse & enfumée, comme dit Menage aprés Scaliger. D'autres le derivent de insolatus, comme qui diroit halé & bruslé du Soleil. Borel le derive de saulrir, qui signifioit saler ; ou bien de saveur, parce qu'on saure le hareng pour le rendre de plus haut goust.
subst. masc. Eslancement qui se fait par une prompte & violente secousse du corps, qui l'éleve sans qu'aucune de ses jambes touche à terre. Il se dit des hommes, & des animaux. Les Baladins & Danseurs de corde font des sauts perilleux, ils imitent le saut du mouton, le saut de la carpe, le saut du crapaut. Les Meusniers ont un saut qui leur est particulier pour monter sur leurs mulets, qu'on appelle le saut du Meusnier.