v. act. Accommoder, boucher des trous dans une fontaine, dans une machine, &c. Tous les tuyaux de cette machine sont bien adoubez, elle doit joüer maintenant. On le dit quelquefois des vaisseaux ; mais on se sert plus ordinairement de radouber.
Ce mot vient du Latin adaptare. Du Cange le derive du mot adobare, qui signifioit autrefois, Armer. Voyez Adopter.
v. act. Rendre plus doux. Il faut mettre de l'eau dans la souppe pour l'adoucir, quand elle est trop salée. la pommade adoucit la peau. on adoucit sa voix, les sons des instrumens, en les baissant d'un ton. on adoucit le fer à force de le battre. on adoucit les metaux par un alliage convenable. le meslange adoucit aussi les odeurs, les couleurs, &c.
subst. fem. est un nom que les Chasseurs donnent à la portée d'une lice, ou de quelques autres animaux, pour comprendre tous les chiens d'une ventrée. On l'appelle aussi laitée.
s. f. Herbe qui croist dans les Jardins, & qui sert aux potages & aux salades. Il faut transplanter les laittuës pour les rendre pommées. Les laittuës Romaines viennent quand les autres sont passées. Matthiole reconnoist trois sortes de laittuës ; les unes cabusses, les autres rondes, & les autres crespuës, qui sont nos laittuës pommées. La cabusse ou plate a ses feuilles quasi semblables à la ronde, & sont contournées, entortillées & enflées comme celles des choux cabus. La laittuë Romaine a ses feuilles grandes, grasses, & vertes, dont la cime est deliée, tendre & blanche. Sa tige est pleine de lait, & branchuë. Ses fleurs sont jaunes, & avec le temps s'envolent en l'air. Sa graine est longuette & pointuë, blanche, & quelquefois noire. Elle pousse quatre ou cinq jours aprés qu'elle est semée. Quelques-uns disent que la laittuë est entre les herbes, ce que la figue est entre les fruits. La laittuë sauvage est semblable à celle des jardins, mais plus amere. En Latin lactuca crispa, lactuca silvestris. On a trouvé au Perrou des laittuës qui pesoient jusqu'à sept livres & demie.
s. m. Qui quitte la vraye Religion, ou qui renonce à ses voeux. L'Empereur Julien a été surnommé l'Apostat. les Moines qui jettent le froc aux orties sont des Apostats.
APOSTAT, se disoit autrefois proprement de celuy qui avoit faussé la foy promise à son Capitaine.