s. m. Terre qu'on avoit laissé reposer, & qu'on a fraischement labourée pour l'ensemencer en la même année. Les guerets se levent en Mars. un Fermier est obligé de lever les guerets, encore qu'il quitte sa ferme à la St. Jean, avant que les terres se puissent ensemencer. Ce mot vient, selon Saumaise, de vervactum, qui signifie en Latin la même chose ; ou de veteretum, qu'il faut lire au lieu de vervactum, comme veut Scaliger ; d'autres soustiennent qu'on disoit autrefois garet, tamquam campus aratus. Du Cange le derive de vegri, ou de varecti, qui dans la basse Latinité ont signifié des champs mal cultivez, & dans un autre lieu il le derive de warectum.
v. act. Panser un malade, luy rendre la santé. La Medecine est l'Art qui enseigne à guerir. le quinquinna guerit la fievre. il n'y a point d'Empirique qui ne se vante de guerir la goutte. un malade qui se guerit, qui commence à guerir, doit manger sobrement. Ce mot vient, selon Menage, de l'Allemand ou Flamand waren, qui signifie, garder, sauver, conserver. Nicod pretend que ce mot vient de variare, à cause que l'estat du malade change quand il se guerit.
s. f. Different entre des Estats ou des Princes souverains, qui ne se peut terminer par la Justice, & qu'on ne vuide que par la force. Les Titans ont voulu faire la guerre aux Dieux. les peuples de toute la terre se font les uns aux autres une guerre sanglante. une guerre à feu & à sang. la France & l'Espagne sont en guerre ouverte, se font la guerre par terre & par mer. le Roy de France est l'arbitre de la paix & de la guerre. On tient que ce mot vient de l'ancien Germanique werre, d'où les Escrivains de la basse Latinité ont fait werra ou wouerra, pour signifier guerre. Voyez Menage & Du Cange. Mais le Sr. Rudbeks cité dans les Nouvelles d'Hollande fait voir que ce mot vient de l'ancien Suedois.
s. f. C'est la même chose que pastel. C'est une herbe semblable au plantin, excepté qu'elle a les feuilles un peu plus grosses & plus noires, & qu'elle a la tige de deux pieds de haut. Voyez Pastel. Elle est de grand usage chez les Teinturiers. Les anciens Bretons s'en peignoient le visage pour estre plus terribles en guerre, comme tesmoigne Cesar. Et Pline dit que les femmes en usoient de même en certains sacrifices. Ce mot vient du Latin guastum ou guasdum, qui signifie la même chose, & qui est un vieux mot Gaulois, comme on infere du passage de Pline. On appelle encore voüede en Normandie, le petit pastel, ou guesde. Il y a plus d'apparence que l'un de ces mots vient de la corruption de l'autre. On l'appelle aussi isatis en Grec, en Latin luteola. Saumaise soustient qu'il faut dire guastum, & non pas glastum, comme il est escrit communément dans les livres.