s. m. Est une grosse monnoye d'argent valant un écu. Elle a esté premierement fabriquée en la vallée de Joachim en Boheme vers l'an 1520. par les Comtes de la Maison de Selicon. Elle porte les Armes de cette Maison d'un costé, & l'effigie de l'Abbé Joachim de l'autre, comme témoigne George Agricola au livre onze des Poids & Mesures. Il y a aussi des talers des Rois de Pologne & des autres Souverains de l'Europe. Les talers de Philippes II. Roy d'Espagne ont esté par excellence nommés reaux.
s. m. est une pierre luisante & squammeusé qui vient des montagnes d'Allemagne, des Alpes & de l'Appennin. Elle se leve en feuilles tres-deliées & luisantes, dont on couvre les tableaux en pastel & en miniature pour empescher qu'ils ne se gastent. Le meilleur talk est celuy de Venise, qui est de couleur blanche, luisante & argentine, qui tire sur le verd, lors qu'il est en masse ou en pierre. Le talk ne se peut calciner à quelque feu que ce soit. On sent à le manier quelque douceur ou onctuosité, quoy qu'elle n'engraisse point les doigts : ce qui a fait croire qu'on le pouvoit employer pour les fards. Les Anciens l'appelloient aster. C'est aussi une espece de terre Lemnienne, selon Brassavolus, autrement estoile de terre, à cause qu'étant brisé il represente une estoile. Il y a aussi un faux talk, qu'on appelle autrement pierre glaciale. On appelle le talk, le miroir des asnes. Quelques-uns l'appellent la fleur de plastre, & plusieurs la confondent avec la pierre speculaire qu'on nomme phengites.
TALUT, ou TALUS. s. m. C'est le pied, la pente qu'on donne aux ouvrages, ou aux murailles pour les faire tenir plus ferme. Aux murailles où il y a peu de pied, on l'appelle escarpe ; & aux ouvrages de terre où cette pente doit estre grande, on l'appelle talus, base, glacis, empatement. On appelle aussi talus, la diminution de l'espaisseur de la muraille, qui se fait de temps en temps à mesure qu'on esleve.
s. m. Sas, vaisseau rond au milieu duquel il y a un tissu de toile de crin, ou de soye, par lequel on passe des drogues pulverisées, ou qu'on veut monder & espurer pour en retirer le plus delié. Le tamis sert aux Parfumeurs à passer leurs poudres, & il est d'ordinaire couvert. Le tamis simple sert aux Apothicaires à monder la casse, & à d'autres semblables usages. On passe l'emeril par le tamis fin, pour avoir de la poudre à polir les verres de lunettes. Menage derive ce mot du Bas-Breton tamoües.
s. m. Poudre menuë qui sert à la premiere preparation des cuirs. Elle est faite d'escorce de jeune chesne battuë dans de gros mortiers par la force des rouës d'un moulin à tan. Ce mot vient de tannum, qu'on a dit dans la basse Latinité, aussi-bien que tannare, pour dire tanner, & tanneria, pour dire tannerie.