s. m. est un arbre semblable au ferula, qui est plein d'un jus fort subtil & fort penetrant, jusques là qu'il le faut tirer en le perçant de loin avec une picque ou une lance. Ce jus qui en sort en abondance se recueille dans une peau de mouton dont on environne l'arbre ; & c'est celuy qu'on appelle euphorbe vitré. Les Apothicaires ne veulent pas le battre eux-mêmes, mais le font battre par des Crocheteurs, parce que quelque autre precaution qu'on prenne, il monte au cerveau, où il fait de dangereuses inflammations. Pline dit que l'invention de l'euphorbe est attribuée à Juba Roy de Libye, qui luy donna le nom d'Euphorbius son Medecin frere d'un Musa Medecin d'Auguste. L'euphorbe est un medicament laxatif qui est fort dangereux, car c'est le plus ardent & le plus violent de tous les remedes, quand même il seroit pris en petite quantité. Il est propre aussi pour faire esternuer.
s. f. Plante medecinale. C'est une herbe de la hauteur d'un palme, qui a de petites feuilles crespuës & dentelées tout autour, astringentes & ameres. Sa tige & ses fleurs sont rouges tirant sur le jaune paillet. Elle croist dans les prez. On fait du vin d'euphrage detrempée, cuite & confite dans le moust, tandis qu'il bout, qui est excellent pour les yeux, dont Arnaud de Villeneuve fait mention dans le Livre qu'il a fait exprés des vins composez. En Latin euphragia.
s. m. Casaque d'Archer. Il se prend figurément pour l'Archer même. Le Prevost est en campagne avec douze Hoquetons à la queste des voleurs. Bayf derive ce mot du Grec hochiton avec Henry Estienne & autres. C'estoit anciennement un habit de paysan. D'autres croyent qu'il a esté fait de aketon ou acton, qui estoit un vestement militaire.