s. f. Esclavage, condition servile. Ceux qui ont été quelque temps en servitude, sçavent mieux le prix de la liberté. Les Chrêtiens d'Orient gemissent sous la servitude des Turcs, sous leur oppression. Les Conquerants n'aspirent qu'à mettre les peuples sous le joug de la servitude. Les amants disent aussi, qu'ils languissent dans la servitude, dans les fers.

SERVITUDE, se dit aussi de toute sorte de sujettion, d'attachement à un maistre, de contrainte qui empêche de faire ce qu'on veut. Les Commis, les Clercs sont en une perpetuelle servitude, ils doivent être toûjours à leur bureau, à leur estude ; les Portiers à leur porte.

Sur le declin de l'Empire fut introduite une nouvelle espece de servitude, qui fut de laisser les terres des nations subjuguées aux possesseurs avec des redevances & charges serviles. Il en est parlé dans le titre du Code De Agricolis & Censitis, d'où sont venus les noms de servi censiti, adscriptitii & addicti glebae, nommés par les Auteurs François serfs trefonciers, ou de main morte : condition dont les uns étoient taillables à la volonté raisonnable du Seigneur ; les autres abonnez ou abornez ; les autres mainmortables, qui n'ayant point d'enfants legitimes, ne pouvoient tester que jusqu'à cinq sous, le Seigneur étoit heritier du surplus ; d'autres de formariage & de poursuite, qui ne se pouvoient marier, ni aller demeurer hors de la seigneurie : ce qui a encore lieu en quelques Coustumes, comme en celle de Meaux, Troyes, Chaumont, Bourgogne, Nivernois, la Marche, &c.

SERVITUDE, se dit aussi en Droit des sujettions dont des heritages sont chargés envers d'autres. Il y a des servitudes de veuë sur le voisin, d'égoust des eaux, de passage sur ses terres, &c. Il y a plusieurs reglemens dans les Coustumes touchant les servitudes. Une servitude ne se peut acquerir sans titre par quelque prescription que ce soit, mais on en peut prescrire la liberation.