s. f. est une espece d'oiseau des Indes. C'est une espece de poule, ainsi appellée, à cause de la justesse des taches ou figures qui semblent avoir été peintes sur son plumage. On l'appelle diversement chez les Auteurs, poule d'Afrique, de Barbarie, de Numidie, de Guinée, de Mauritanie, de Thunis, de Pharaon ou d'Egypte. Elles sont appellées guttatae par Martial, & variae par Varron, & par Pline, lequel les appelle aussi meleagrides, parce qu'on disoit de son temps qu'elles passoient tous les ans d'Afrique en Beotie, & venoient s'esbattre prés du tombeau de Meleagre, dont la fable feint que les soeurs furent changées en ces oiseaux. La pintade a la taille de la poule ordinaire. Quelques-uns tiennent qu'elle ressemble mieux à la perdrix, à cause qu'elle a la queuë en bas comme la perdrix, & non pas retroussée en haut comme la poule. Mais elle ressemble mieux à la poule par l'appendice charnu qui luy pend aux deux costez des jouës ; ce qui ne se trouve point en aucun autre oiseau. Tout son plumage est de deux couleurs, de blanc & de noir ; au lieu que les poules ordinaires n'ont point de couleur certaine. Ses oeufs sont aussi peints & marquetez de blanc & de noir. Son col a un duvet noir, plus approchant du poil que des plumes. Il est d'environ deux lignes, & tourné en enhaut contre l'ordinaire. Sa teste est couverte d'une peau spongieuse qui forme une creste en maniere de casque, que les Auteurs comparent au bonnet du Doge de Venise. Elle a les pieds garnis de membranes comme les oiseaux aquatiques. Son bec a quelquefois à sa racine un bouquet, & il est garni de deux appendices d'une substance moitié charnuë, & moitié cartilagineuse qui pend des deux costez des jouës, & est attaché à la maschoire superieure, & non à l'inferieure, comme ils sont aux poules. Ils sont rouges aux femelles, & bleus aux masles. Sophocle, au rapport de Pline, a dit que l'ambre jaune estoit fait des larmes qui coulent des yeux des pintades qui sont au delà des Indes : mais cela n'est pas veritable.