s. m. Medicament universel qu'on tire d'une plante du même nom. En Latin panacea.
Il y a plusieurs sortes de panacé. L'Heracleum produit ses feuilles rudes, & couchées par terre, semblables à celles du figuier, dont le tour est divisé en cinq parties. Sa tige est haute comme celle de la ferule, & est un peu moussuë, cotonnée, & environnée de petites feuilles. A la cime il y a un bouquet, comme celuy d'aneth, qui porte des fleurs jaunes, & une graine bruslante & odorante. Son tronc a plusieurs racines blanches d'une odeur forte, & couvertes d'une écorce fort espaisse & fort amere. On en tire une gomme, que les Grecs & les Latins appellent opoponax, en faisant des incisions sur cette racine, qui est d'abord blanche, & qui prend une couleur jaune, quand elle est seche. Le fruit qui croist en la tige du milieu est bon à manger, mais celuy des autres jettons ne vaut rien. Le meilleur est celuy qui est blanc ou roussastre au dedans, & jaune au dehors, lissé, gras, fresle, tendre, amer, qui se fond incontinent en l'eau, & qui y devient blanc comme lait. Il y a aussi un panacé Asclepium, quelques-uns l'appellent origan sauvage, ou cunila, qui est un peu different de l'autre. Il y en a un troisiéme qu'on appelle panacé Chironium, dont la feuille est semblable à la grosse marjolaine, qui a la fleur jaune, & la racine petite. Quelques-uns le nomment flos solis. D'autres disent que c'est une espece de consolida major. Tous les panacés ont pris leurs noms de ceux qui les ont inventés. L'Asclepium, d'Esculape ; le Chironium, de Chiron ; & l'Heracleum, d'Hercule.
PANACÉ
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- Written by: Antoine Furetière
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