v. act. Estre d'une certaine nature & qualité qui tombe sous l'estimation, qui merite certain prix. On trouve aux Greffes les prix qu'ont valu les grains à chaque jour de marché. Il y a des tariffes où on voit le prix que valent toutes sortes de monnoyes. Si vous donnez vingt mille francs de cet heritage, c'est tout ce qu'il peut valoir. Voilà un bel original, valant cent pistoles pour le moins. Cette pistole ne vaut rien, elle n'est pas de bon alloy.
subst. masc. Petit arbre qui porte des fleurs blanches, & qui sentent bon. Le jasmin monte aisément comme la vigne. Sa racine pousse de petites branches fort tendres, longues, verdes, molles & visqueuses, de chacun jetton desquelles sortent ses feuilles longuettes & pointuës, comme au lentisque. Ses fleurs viennent au bout de sa tige en forme d'un petit lis de diverses couleurs ; car il y en a de blanc & de jaune. Quand il rend de la graine, ce qu'il fait en peu de lieux, elle est semblable aux lupins. Il y a dans ce jardin des pallissades de jasmin d'Espagne. Le jasmin commun est jaune. Ce mot vient de l'Arabe gesmin, qui veut dire une violette blanche, à cause que la fleur de cette plante luy ressemble. On l'appelle maintenant en Orient zambach, ou sambach. D'autres disent qu'il vient du Turc jasmin, qu'ils ont fait apparemment de l'Hebreu samim, qui signifie toutes sortes de drogues aromatiques.
s. m. Feuille mince & artistement faite sur laquelle on écrit. On le fait en France avec du vieux drapeau. Il est blanchi & haché si menu avec l'aide des moulins, qu'il ne paroist que comme de l'eau trouble. On en leve la superficie avec un moule fait de fil de fer tres-delié, on l'esgoute, on le laisse secher, & on le colle afin qu'il ne boive point. A la Chine le papier est fait de soye. Les Anciens se servoient d'une écorce d'arbre qui croist en Egypte qu'on nommoit papyrus, d'où est venu le nom du papier. On en faisoit aussi des voiles, des cordages, des habits, des couvertures, &c. comme enseignent Theophraste & Pline. Aux Maldives il y a un arbre appellé macarequeau, dont la feuille est longue d'une brasse & demie, & large d'un pied, sur laquelle les habitans écrivent. Ils en font des livres qui durent autant que les nostres. Les Turcs sont si superstitieux, à ce que dit Busbeq, qu'ils ne veulent profaner aucun papier, mais le serrent fort proprement, parce qu'on y peut écrire le nom de Dieu. Les anciens donnoient divers noms au papier, ils l'appelloient Auguste, Livien, Claudien, Faunien, Amphitheatrique, suivant les diverses longueurs qu'il avoit, ou les divers usages où on l'employoit.