s. m. Plante reptile qui s'attache sur les arbres ou sur les murailles, parce qu'elle ne peut se soûtenir toute seule. Il y a du lierre blanc qui porte un fruit blanc, & un autre noir qui porte un fruit noir ou jaune : & cette derniere espece est appellée diony sia. Le lierre qui s'attache aux murailles & aux arbres ne porte point de fruit, mais de petits tendrons ou filets fort deliez : Matthiole l'appelle helix ou clavelé. Il a de petites feuilles anguleuses. Il y a d'une infinité de sortes de lierre. Il fleurit sur la fin d'automne, & ses fleurs sont moussuës & pasles, d'où en hyver sortent des grappes & raisins un peu plus grands que ceux du troesne, verds du commencement, & noirs en maturité. Il y a aussi un lierre terrestre qui traisne fort loin par terre par petites cordes quarrées, d'ou sortent des feuilles rondes, crespuës & dentelées. Sa fleur est petite, & tire sur le pourpre, & sort au mois d'Avril du lieu même d'où sortent les feuilles, que les Medecins appellent asclepias. Il y a aussi des lierres gros comme des arbres, qu'on appelle hedera arborea. Le lierre mange les murailles neuves, & soûtient les vieilles. La feüille de lierre est attractive, on s'en sert pour faire purger les cauteres. Le lierre est dedié à Bacchus, de sorte qu'on en fait des bouchons de taverne, pour monstrer qu'il y a du vin à vendre. On met aussi des festons de lierre avec de l'oripeau, pour orner le portail d'une Eglise où on fait quelque solemnité. Ce mot vient de bedera Latin, qui signifie la même chose ; & en François on a joint le mot avec l'article.
s. f. Vieux mot qui signifioit autrefois, Joye, santé, prosperité. Il est revenu de son voyage, on l'a reçeu en grande liesse. Il ne se dit plus guere qu'en cette phrase, Nostre-Dame de liesse. Ce mot vient de laetitia.
v. act. Terme populaire & vieux qui signifioit courir la nuit, comme font les filous, les desbauchez, les traisneurs d'épée. Ce mot vient de ribla, qui en langage Celtique ou Bas-Breton signifie la même chose.
subst. masc. Petit animal qu'on chasse avec des chiens dans les plaines. Il est de la taille d'un lapin, mais plus gros. Il a le poil gris, & des oreilles longues & droites. Il n'y a point d'animal si timide que le lievre. On appelle bouquet le masle du lievre, & la semelle hase, qui est un mot Allemand signifiant lievre. Il a la teste plus courte & plus joffuë que les autres. Il y a des lievres qui sont tout ensemble masles & femelles ; mais Matthiole combat cette opinion, qui estoit d'Archelaus. On dit, Prendre un lievre à l'accroupie, lors qu'il est le matin à crouppeton, & croupit en terre : ce qu'on appelle autrement Lievre en forme. Les lievres tiennent d'ordinaire les guerets. Quand il a plû, ils tiennent les friches, ou sont pres des chemins. Quelques-uns disent que les lievres des Alpes & des montagnes sont blancs tant qu'elles sont couvertes de neiges, & qu'aprés ils redeviennent roux comme les autres. Les femelles font leurs petits en des jours differents, à proportion du temps qu'elles ont esté couvertes. Le membre des masles est sur leur derriere. Il est deffendu aux Juifs de manger du lievre. On dit d'un vieux lievre, qu'il est bien monté, pour dire, qu'il court bien. Les ruses d'un lievre. Le rable d'un lievre. Un pied de lievre sert aux Escrivains à frotter leur papier, leur parchemin, quand ils l'ont gratté pour empêcher qu'il ne boive. Ce mot vient de lepos, ou lepor, qui se disent en Grec & en Latin. Aelius Catus vieil Jurisconsulte le derivoit de levipes, dont s'est moqué Varron.