s. f. Terre cuitte, taillée par carreaux longs d'environ huit pouces, & larges de quatre, qui sert à bastir. La brique entiere sert à faire des parements aux murs des cloisons. la demie-brique qu'on appelle de chantignole, sert à paver, & à élever des tuyaux de cheminées. on bastit de brique aux lieux où il n'y a point de carrieres de pierre. les restes qui se voyent de la Tour de Babel sont de briques. en Orient on cuit les briques au Soleil. Menage derive ce mot de brica, dont les Auteurs de la basse Latinité se sont servis dans le même sens, qui a été fait de imbricare, pour dire, couvrir de tuiles. D'autres le derivent de fabrica, parce que c'est une piece qu'on taille & qu'on fabrique.
v. act. & quelquefois neut. Rompre avec violence. Il n'y a rien de si fort que le canon ne brise. la meule de moulin brise le grain pour le moudre. un homme qui tombe du haut d'une tour se brise les os. les choses fragiles se brisent aisément. Il sortit des mains de ces assassins tout brisé, tout meurtri de coups. Menage derive ce mot de brix, mot Celtique qui signifioit rupture ou breche ; ou du Latin brisare, qu'on a dit pour presser & espreindre ; ou de brisa, qui signifie une grappe de raisin foulée.
s. m. Originairement en sa propre signification, c'est une estoffe tissuë toute d'or, tant en chaisne qu'en treme, ou d'argent, ou des deux ensemble. Après on l'a estendu aux estoffes où il y avoit quelques porfilures de soye pour relever & donner de l'ombrage aux fleurs d'or dont elles estoient enrichies. Et enfin on a donné ce nom aux estoffes de soye, soit de satin, soit de gros de Naples ou de Tours, ou de taffetas ouvragés de fleurs & d'Arabesques, qui les ont renduës riches & precieuses, comme le vray brocat.