s. f. Habillement de femme qui prend depuis les hanches jusqu'enbas, & qui se met sous un manteau ou un bas de robbe. Les jupes de dessus sont traisnantes, & ont une longue queuë effilée. Les Dames sont obligées de se faire porter la jupe. Quand elles disent à leurs gens, Prenez ma jupe, on entend le bas de la robbe avec cette jupe. Les jupes de dessous sont à fleur de terre. On fait des jupes de toutes sortes de riches estoffes, des jupes en broderie, des jupes de point. On appelle une jupe volante, une jupe legere pour l'esté, de tafelas, de gaze, de toile, &c. Ce mot vient de l'Allemand jupp, qui signifie pourpoint de paysan, d'où on a fait juppon ; ou de l'Arabe giubba, d'où les Espagnols ont fait aljuba, qui signifie la même chose. Menage. Du Cange dit que les Auteurs de la basse Latinité ont dit jupa & jupellum, pour dire, jupe & jupon. Les Picards disent aussi jupel.
JURÉ, ÉE. part. pass. & adj. Ennemy Juré, C'est à dire, ennemy mortel. Un expert, tesmoin Juré, celuy dont on a pris le serment en Justice, & qui va ensuitte faire son rapport ou sa deposition au Greffe.
v. act. & n. Promettre solemnellement. L'escriture applique ce terme à Dieu même. Dieu a Juré, & ne s'en repentira point, Pseaume 109. Il a Juré à Abraham nostre pere, qu'il se donneroit à nous, Cantique de Zacharie. Les payens ont fait aussi Jurer leurs faux Jupiter par le Stix. Ce mot vient du Latin jurare, qui, selon quelques-uns, est dit comme Jouemorare, testare, prendre Jupiter à tesmoin. C'est le sentiment de Berman. D'autres disent que jurare est in jure aliquid asserere : ce qui ne se fait gueres sans en venir au jurement.