v. act. Tâcher de diminuer la valeur, le merite de quelque chose. Les envieux tâchent de depriser la vertu, le merite de leurs rivaux. Un acheteur deprise la marchandise, tandis que le vendeur la prise de son costé. C'est une espece d'humilité, de se depriser soy-même, de parler modestement de ses Ouvrages. Ce mot vient de depretiare, qu'on a dit dans la basse Latinité pour signifier la même chose.
subst. masc. Petite herbe qu'on mange en salade, & dont on fait aussi du syrop. Cette plante a les feuilles pasles, menuës, & faites en coeur, qui ont un goust sur & brusque. Elle jette d'une seule racine plusieurs petites tiges rondes & minces qui portent chacune trois feuilles. Ses fleurs sont blancheastres, & ont cinq pointes disposées en forme d'estoile, & ont chacune une queuë à part. Sa racine est roussastre & escaillée : on l'appelle autrement Pain de cocu : en Latin acetosum trifolium, oxys, ou oxytriphillum.
subst. masc. Ce mot est le nom du peuple qui a occupé la vieille Germanie, qui habite le long des rives du Rhin, du Danube, de l'Elbe, & de l'Oder. Il est venu en usage dans la Langue en ces phrases proverbiales. Vous me prenez bien pour un Allemand, c'est à dire, pour une duppe, pour un homme qui ne connoist pas le prix des choses. Ainsi Sarrasin a dit, Phillis la plus-part des amants sont des Allemands de tant pleurer, &c. On dit aussi, une querelle d'Allemand, c'est à dire, une querelle faite sans sujet & de gayeté de coeur. Je n'entends non plus cela que le haut Allemand, c'est à dire, que c'est une chose qui n'est point intelligible.
s. f. Baston propre pour s'appuyer en marchant. Les vieillards, les convalescents sont reduits à se servir de bequilles. On le dit par extension des potences ou bastons qu'on met sous les aisselles pour soustenir ceux qui sont entrepris des jambes. Ce mot vient de bacillus.