Expeditionaire en Cour de Rome, est un Officier de nouvelle creation qui se charge de faire venir toutes les Bulles, Dispenses, & autres expeditions qui se font en la Cour Romaine, & en la Legation d'Avignon, soit de la Chancelerie, soit de la Penitencerie. L'origine de ces Banquiers vient de ce que les Guelphes du temps des guerres civiles d'Italie se refugierent en Avignon, & dans les pays d'obedience : & comme ils étoient favorisés des Papes dont ils avoient soûtenu le parti, ils se meslerent de faire obtenir les graces & expeditions de Cour de Rome, & s'appellerent Mercatores & Scambiatores Domini Papae, comme témoigne Matthieu Paris. Mais comme ils se rendirent odieux alors par de grosses usures, on les appella Carsins, ou Caorsins, du nom de Cahors ville de Querci, dont le Pape Jean XXII. qui siegeoit alors estoit natif, à cause que de son temps ces usuriers étoient en leur plus haute élevation, comme témoigne Adam Theveneau en ses Commentaires sur les Ordonnances au Titre des Usures. Les Italiens en firent aussi pour eux le mot scarsi, qui signifie avares ; & ils eurent tant de haine pour cette ville, que le Poëte Dante dans son Enfer met au même rang Sodome & Cahors, & y place tous les scelerats & les usuriers. Les marques de cette haine ont duré long-temps en France ; & on a appellé en Chancelerie les Lettres Lombardes, les Lettres qui s'expedioient en faveur des Lombards & Italiens qui vouloient trafiquer ou tenir banque en France, qui se taxoient au double des autres, en haine de ce qu'on appelloit alors tous Changeurs, Banquiers, Revendeurs, & Usuriers, Lombards, de quelque nation qu'ils fussent : & on les appelle encore ainsi en plusieurs lieux d'Allemagne & de Flandres même. La Place du Change & la Fripperie d'Amsterdam s'appellent Places Lombardes. Ce nom de Caorsin a été aussi donné à tous les Banquiers & Usuriers, qu'on a appellés en plusieurs Titres Latins Caorcini, Caturcini, Caursini, Corsini, d'où est venu le proverbe, Il l'a enlevé comme un Corps Saint, par corruption, au lieu de Caorsin, parce que ces gens étoient si cruels à leurs debiteurs, qu'ils les enlevoient & les faisoient mettre en prison. Aussi se rendirent-ils si odieux, qu'ils furent chassés de France par Edit de St. Louïs en 1268. & par Philippe le Hardy ; & d'Angleterre par Henry III. en l'an 1240. & 1251.
s. m. Pierre medecinale qui est un excellent contrepoison. Elle se trouve dans la fiente d'un animal nommé pazan. C'est une espece de bouc ou de chevreuil qui a le poil court, & un bois presque semblable à celuy du cerf. L'Oriental qui est le plus estimé, vient de l'Inde, & sur tout dans le Royaume de Golconda, & de Cananor. Cet animal broute les petits boutons d'un certain arbrisseau, autour desquels se forme le bezoüard dans son ventre en forme de petites pierres, où elles sont arrangées en sorte, que la premiere est plus grosse que la seconde, & ainsi toûjours en diminuant, qui le font tant souffrir, que quelquefois il en meurt. Elles ont plusieurs pelures & enveloppes comme l'oignon. Ces peaux sont luisantes, & la premiere plus que la seconde, & ainsi des autres. Il y en a de grosses comme des oeufs de pigeon, ou d'oye, faites en forme de glande, ou de noyau de datte. Elles sont de couleur de sang, de miel, ou de jaune pasle, mais le plus souvent de verd-brun ou de verd-clair. Ce qui les rend rares, c'est qu'il est deffendu aux Marchands d'acheter ces boucs avant qu'on en ait osté la pierre. Pour les éprouver, il les faut peser exactement, les laisser dans l'eau quatre heures ; & aprés les avoir essuyées, si elles ne pesent un peu davantage qu'auparavant, ou si l'eau change de couleur, elles sont falsifiées.
s. m. Nom qu'on donne en quelques Provinces à des Gentilshommes qui sont Chefs de la Noblesse, & qui la commandent, quand on a convoqué l'arriere-ban. C'est ce qu'on nomme en d'autres lieux le Bailly, le Prevost. Le Senechal de Lyon, d'Auvergne, de Poitou.
SENECHAL, est aussi celuy qui exerce dans la Province la Justice que devoit rendre le Senechal, le Bailly, le Prevost.