v. act. Rendre un son aigu par le moyen de l'air comprimé qui sort par un conduit estroit ; & se dit tant des hommes que des animaux, & des choses inanimées. C'est un des plaisirs des laquais, des gens de neant, de sifler. Les serpents siflent de colere. Les oiseaux siflent des airs, comme les sansonnets, linottes, merles, serins, &c. Les vents siflent pendant un orage. Il y a des tuyaux d'orgues qui ne font que sifler, comme le larigot, la doublette, &c.

SIFLER, signifie aussi, Donner un témoignage de mépris & de risée par des siflements. Cet homme s'est fait sifler, en mettant son livre au jour. On a siflé cet Advocat en pleine Audience. Dés qu'on a avancé cette doctrine, elle a esté siflée. Ce mot vient de sifilare, qu'on a dit pour sibilare, qui se trouve chez les Latins, comme sifiletus de sifilus, dont on a fait siflet. Menage.

SIFLER, signifie aussi, Apprendre à un oiseau à regler son ramage, luy apprendre à chanter en siflant. On sifle les merles, les sansonnets, & autres oiseaux.

SIFLER, se dit figurément en Morale. Suggerer à quelqu'un ce qu'il a à dire en quelque occasion importante, luy faire le bec, l'instruire. Un Juge ne sçauroit rien tirer d'un criminel, quand il a esté siflé, quand il a eu du conseil.

On dit aussi en ce sens, sifler le Droit, pour dire, le montrer en chambre, hors des Escoles publiques ; suggerer à un recipiendaire tout ce qu'il doit respondre aux objections qu'on luy fera dans son examen. On dit aussi ordinairement soufler.

On dit proverbialement, qu'un homme a siflé la linotte, pour dire, qu'il a bien beu, & qu'il y paroist, qu'il est à demi yvre.