v. act. Imprimer à un corps un mouvement qui ébransle toutes ses parties. Le Seigneur commande à ses Apostres de secoüer la poussiere de leurs pieds contre ceux qui les auront mal receus. Les chevaux, les barbets se secouënt au sortir de l'eau pour se secher. Secoüer des habits, des meubles, des tapis. Les libertins ne font que secoüer les oreilles, quand on leur fait des remonstrances, pour monstrer qu'ils s'en mocquent. Secoüer la bride à un cheval pour le faire avancer. Les sauteurs dans un manege secouënt violemment ceux qui les montent. On secouë plusieurs arbres pour en faire tomber le fruit.

SECOÜER, se dit figurément en Morale en cette phrase : Il a secoüé le joug, pour dire, Il s'est delivré de la servitude, de l'oppression, de la tyrannie, il s'est mis en liberté, il s'est revolté contre ses superieurs. Les Hollandois ont secoüé le joug de la domination Espagnole. On dit aussi, secoüer, hocher la bride à quelqu'un, pour dire, l'exciter à faire quelque entreprise, ou sonder & pressentir ce qu'il en pense.

On dit proverbialement, Il ne l'a gueres tenu, mais il l'a bien secoüé, tant en parlant de ceux qui maltraittent quelqu'un, que des maladies qui en peu de temps mettent une personne bien bas.