s. m. C'estoit chez les Payens un demy-Dieu fabuleux, qui presidoit aux forests avec les Faunes & les Silvains. Ils le peignoient avec des cornes sur la teste, une queuë, des pieds de bouc, & tout velu par le corps. On croit que ce mot vient de sathin, qui en vieux Grec signifioit le membre viril, parce que de leur naturel ils étoient fort enclins à la paillardise.
SATYRE, se dit aussi par comparaison, d'un homme laid & barbon qui est fort adonné aux femmes. C'est un vieux bouquin, un vray Satyre.
SATYRE, est aussi une espece de Poëme inventé pour corriger & reprendre les moeurs corrompuës des hommes, ou critiquer les meschants ouvrages tantost en termes picquants, tantost avec des railleries. Entre les Anciens Horace & Juvenal ont excellé à faire des Satyres. En France Regnier & Despreaux ont fait de belles Satyres. Il s'en est fait aussi en prose. Le Catholicon d'Espagne est une Satyre contre les Ligueurs, & s'appelle Satyre Menippée, par allusion à celle qu'avoit écrit un certain Menippus, dont parlent Macrobe & Varron, qu'il avoit intitulée de son nom.
SATYRE, se dit aussi de toute medisance & raillerie piquante, libelle diffamatoire, Chronique scandaleuse, qui blesse l'honneur du prochain. Les Officiers de police empeschent tant qu'ils peuvent qu'on ne fasse de ces Satyres. Regnier a dit de luy-même :
Quoy ! Monsieur, n'est-ce pas cet homme à la satyre,
Qui perdoit son amy, plûtost qu'un mot pour rire ?
On appelle proverbialement, un pauvre Satyre, un miserable qui n'a ni bien ni credit.
SATYRE
- Details
- Written by: Antoine Furetière
- Category: Non classifié
- Hits: 678