subst. fem. Petit insecte noirastre, ou petit ver aquatique qui se trouve dans les pays marescageux, qui succe le sang des animaux. La sangsuë au bout de sa teste a un trou rond comme celuy d'un lamproyon, & trois petites dents ou aiguillons avec quoy elle perce la peau non seulement de l'homme, mais aussi d'un cheval, ou d'un boeuf, dont elle succe le sang, & s'en remplit. Il y en a de venimeuses qui ont une grosse teste de couleur verdoyante, & qui reluisent comme vers ardents, & sont rayées de bleu sur le dos, comme aussi celles qui viennent dans les marais & autres eaux bourbeuses. Celles-cy engendrent inflammation, apostumes, fievres, & malins ulceres, qui sont quelquefois incurables. Les bonnes sangsuës sont celles qui sont de couleur de foye, menuës, rondes, ayant petite teste, le ventre rougeastre, & le dos verd & rayé de couleur d'or pardessus, & qui se trouvent dans les eaux claires & coulantes. On les applique aux endroits du corps où les ventouses & cornets ne peuvent tenir, comme au fondement, aux veines hemorroïdales, &c. La sangsuë se trouve de toutes sortes de grandeurs, & cet animal se cole si fort contre un verre où il est enfermé, qu'il est difficile de l'en arracher. La plus grande peine de ceux qui voyagent dans les Indes, c'est de se deffendre des sangsuës dont il y a un nombre infini. La sangsuë avalée est un poison, parce qu'elle s'attache à l'orifice de l'estomach. Pour la faire sortir, il faut boire de la saumure. Ce mot vient du Latin sanguisuga. Menage. On l'appelle aussi hirudo.
SANGSUË, se dit figurément en Morale des usuriers, des chicaneurs, des Maltotiers, & autres qui tirent le sang ou le bien du peuple par des voyes injustes ou indirectes. Ce Procureur est une sangsuë qui ruine ses parties. Les presteurs sur gages sont de vrayes sangsuës, qui ont une avarice insatiable.
SANGSUË
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- Written by: Antoine Furetière
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