s. f. Espace qui est entre des maisons pour servir de passage au public. Il est deffendu de faire des saillies, des advances sur la ruë, d'encombrer les ruës. On fait des taxes pour le nettoyement des ruës. A Paris on a ouvert les ruës passantes & estroites, on les a rendu plus larges. Pour marcher seurement, il faut aller par les grandes ruës. Cette place a tant de toises sur ruë. On a barré, barricadé les ruës. Les alignements des coins des ruës ne se donnent qu'en presence des Officiers de Justice. Ce mot vient de rua, dont quelques Auteurs Latins se sont servis en la même signification. Menage. Borel croit qu'il peut venir de roye, vieux mot François qui signifioit ligne, ou raye. Du Cange dit qu'on a dit ruata, ruta, ruda, & ruga dans la basse Latinité, pour signifier une ruë, & place marchande.

RUË, se dit proverbialement en ces phrases. Cela est vieux comme ces ruës, n'est plus à la mode. C'est un fou à lier, qui court les ruës. On dit aussi, qu'une chose court les ruës, lors qu'on a de la peine à la vendre, lors qu'on la porte de maison en maison, ou qu'on la crie par les ruës. On dit qu'un homme a pignon sur ruë, pour dire, qu'il a du bien en evidence qu'il peut hypothequer. On dit aussi pour se moquer d'un homme qui parle en galimathias, Le bout de la ruë fait le coin. On dit aussi, que les ruës sont pavées de quelque chose, pour dire, qu'elle est fort commune.