v. act. Interrompre le sommeil de quelqu'un. On a reveillé ce Ministre à cause de l'arrivée d'un Courier. Ce paresseux dormiroit jusqu'à midy, si on ne le reveilloit. On picque, on tourmente les lethargiques pour les reveiller. Il faut reveiller les Moines pour les faire aller à Matines.

REVEILLER, se dit aussi figurément de ceux qui reprennent le soin de leurs affaires, aprés les avoir long-temps negligées. Ce Seigneur laissoit aller toute sa maison à l'abandon, il s'en reposoit sur ses Intendants ; mais il s'est reveillé de son assoupissement, il prend connoissance de ses affaires. Le pecheur s'endoit dans le vice, mais Dieu luy fait la grace de se reveiller & de se convertir.

REVEILLER, se dit aussi des choses qui paroissent éteintes & assoupies, & qui reparoissent de nouveau. Tel incendie sembloit éteint, mais il s'est de nouveau reveillé. Le tremblement de terre avoit cessé, mais il s'est reveillé de plus belle.

REVEILLER, se dit aussi des passions de l'ame. Un Orateur doit de temps en temps reveiller l'attention de ses auditeurs par quelque chose agreable qui reveille l'esprit. Cet objet a reveillé son amour, sa douleur, sa haine, sa tendresse.

REVEILLER, se dit aussi des actions, des procés, des querelles. Si vous luy faites d'un costé cette demande, cela reveillera les pretentions qu'il a d'ailleurs contre vous. Ce mauvais rapport a reveillé la querelle de ces Gentilshommes qui étoient accommodez.

REVEILLER, se dit proverbialement en ces phrases. Il ne faut pas reveiller le chat qui dort, pour dire, renouveller une querelle assoupie, un mauvais procés pendu au croc. On dit aussi à celuy à qui on porte une santé, A vous, je vous reveille. On crie la nuit en plusieurs villes, Reveillez vous gens qui dormez, priez Dieu pour les trespassez.