v. n. S'opposer à l'action, à la violence de quelque chose, s'en deffendre. Il n'y a point de rempart qui puisse resister à l'artillerie. Il n'y a que les Piramides d'Egypte qui ayent resisté aux injures du temps. Il ne faut point resister à Dieu, à la nature, aux Souverains, s'opposer à leurs volontez, à leur ordre. Ce brave a resisté long-temps, & enfin il a cedé à la force. Toute l'Asie ne pût resister à la rapidité des conquestes d'Alexandre. Ce mal est opiniastre, il resiste aux remedes. Ce President vouloit faire passer un tel arrest par son credit, un tel Conseiller luy a resisté en face.

RESISTER, signifie aussi, Durer long-temps, avoir la force de supporter quelque attaque. Le bourracan resiste à la pluye, resiste à la fatigue. Il faut que les hommes & les chevaux soient bien vigoureux pour resister au travail de la guerre. Ceux qui travaillent aux mines n'y resistent pas long-temps, n'y peuvent pas durer beaucoup.

RESISTER, signifie encore, Appuyer, conserver. Cette voute a une grande poussée, il faut qu'il y ait de bons arcsboutans pour y resister. Il faut une forte digue pour resister à l'impetuosité de ces flots. Les machines n'agissent pas si bien dans l'eau que dans l'air, parce que l'eau resiste davantage.

RESISTER, se dit aussi figurément en Morale. Il faut s'armer d'un signe de croix pour resister aux tentations. En vain le pecheur resiste à la grace efficace. Il ne faut point resister aux inspirations celestes. Une beauté pretend qu'il n'y a point d'esprit, point de coeur qui luy resiste, à qui elle ne donne de l'amour.