v. act. & reduplicatif. Avaler une seconde fois. Sa medecine luy est revenuë à la bouche, mais il l'a ravalée. Les animaux qui ruminent ravalent l'herbe qu'ils ont remaschée.

RAVALER, se dit figurément en Morale. Il m'est venu un bon mot sur les levres, mais comme il étoit trop piquant, je l'ay ravalé. Si ce brave sçait que vous ayez tenu de luy ces discours, il vous les fera bien ravaler.

RAVALER, signifie aussi, Mettre plus bas. Il faut ravaler cette tapisserie, elle est attachée trop haut. Ces bas ont cette incommodité, qu'ils se ravalent toûjours.

RAVALER, signifie aussi, Decroistre. La riviere étoit fort grosse, mais elle ravale tous les jours, elle diminuë.

RAVALER, signifie aussi, Ramender, diminuer de prix. Le bled ravale tous les jours au marché. La montre des vignes est belle, le vin doit ravaler de prix.

RAVALER, se dit aussi figurément en ce sens pour dire, Diminuer le merite de quelqu'un. Vous avez fort élevé la capacité de ce Docteur, mais un autre l'a bien ravalée. Un envieux ravale toûjours la gloire des belles actions.

RAVALER, signifie aussi, S'humilier. JESUS-CHRIST s'est ravalé jusqu'à prendre la figure d'un homme, d'un serviteur. Il a dit que plus un homme se ravaleroit, & plus il seroit exalté.

RAVALER, en termes de Maçonnerie, se dit de la derniere façon qu'on donne à un mur, soit qu'on le regratte avec la rippe, s'il est de pierre ; soit qu'on y donne un dernier enduit, s'il est de moilon, ou de plastre. Et parce qu'on commence cet ouvrage de haut en bas, c'est cela qui le fait appeller ravaler. Plusieurs Ouvriers en cuir disent aussi, qu'ils le ravalent, lors qu'ils le ratissent, qu'ils le rendent moins espais.