v. act. Demolir un bastiment, enlever une eminence, les mettre rez pied, rez terre. Quand on fait le procez à un Seigneur rebelle, on ordonne que ses chasteaux seront rasez. On rase, on demantelle les fortifications des villes qu'on ne veut pas garder, ou qui sont de trop grande garde. On a rasé la butte de St. Roch pour y bastir des maisons.
RASER, signifie aussi, Abbattre la barbe, les cheveux avec un rasoir. Le Barbier me rase, me fait la barbe à l'année. La peine des femmes adulteres est d'estre rasées & enfermées dans un Couvent. Les Courtisans sont toûjours rasez de frais.
RASER, se dit aussi de ce qui passe fort prés & legerement. Cette balle a rasé la corde. Ce coup de pistolet luy a rasé la moustache. La vraye ligne de deffense est celle qui rase la face du bastion. On dit aussi au figuré d'un discours, qu'il rase le galimathias, qu'il en approche fort.
RASER, en termes de Manege, se dit d'un cheval qui ne marque plus, qui a à peu prés huit ans, qui n'a plus les coins creux, où estoit la marque noire qui marquoit son âge, desorte que la dent est rase & unie.
Raser le tapis, se dit des chevaux qui galopent prés de terre, qui ne levent pas assez le devant, qui ont les alleures froides : ce qui arrive sur tout aux Anglois.
RASER, en termes de Chasse, se dit du gibier qui se tapit le mieux qu'il peut contre terre pour se cacher. La perdrix se rase, quand elle apperçoit les oiseaux. Le liévre demeure ferme & rase dans son giste, s'il n'est bien questé.
RASER
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- Written by: Antoine Furetière
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