Preposition qui a plusieurs usages, & premierement elle marque la valeur, la quantité. Pour la somme de mille livres, que je confesse devoir : c'est ainsi que commencent les cedules. J'en ay pour cent francs à ma part. Cet homme est bon pour dix mille francs, c'est à dire, solvable. Chacun payera des dettes pour sa part & portion. C'est pour le plus, pour le moins. Les modes ne sont que pour un temps. Adieu pour jamais. Cette terre est engagée pour tant. Ce n'est pas la peine pour si peu. Il a payé pour tous, tant pour chacun.

POUR, se dit aussi en parlant de la qualité de la saison, de l'occasion. Cet habit est bon pour l'hiver. Ronsard faisoit bien des vers pour le temps. Il parle bien pour un provincial. Je n'ay sceu que luy répondre pour l'heure. Je promets dés à present comme pour lors, c'est à dire, quand le temps sera venu. Je le tiens pour homme de bien & d'honneur.

POUR, s'employe encore pour marquer la faveur, le parti. Chacun pour soy, & Dieu pour tous. Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il est pour le demandeur, pour le deffendeur. On ne fait rien pour rien. Un brave fait tout pour la gloire. Il faut donner l'aumosne pour l'amour de Dieu. On fait tout pour sauver sa vie. L'un est pour l'antiquité, l'autre pour les nouveautez. Tous les Juges étoient pour luy. Cette raison fait pour moy, est à mon avantage.

POUR, marque aussi le but, le dessein, l'estime. Pour le faire court. Pour dire vray. J'ay envoyé pour sçavoir, pour connoître. Ce mot se dit pour signifier. Je tiens cela pour fait. Il se tient pour dit. Il est tenu & reputé pour present, pour excusé. Il n'est pas venu pour neant.

On dit aussi absolument, Pour moy, quant à moy ; pour ce que vous me dites, quand à ce que vous dites.

POUR, est aussi subst. Un Orateur soustient le pour & le contre. Il y a bien du pour & du contre dans cette affaire.

POURCE, marque quelquefois la cause. Ils en sont, & pourquoy ? Et pource qu'ils ont de l'argent dans leur bourse. Dans les lettres de Chancelerie le dispositif commence avec cette formule : Pource est-il que nous desirant subvenir à nos subjets, &c.