s. m. On disoit autrefois Poignal. Dague ou petite arme pointuë qu'on porte à la main, à la ceinture, qu'on cache dans sa poche. Les Duellistes se battoient cy-devant à l'épée & au poignard : les Espagnols s'y battent encore. On paroit l'épée avec le poignard. Les assassins ont tué cet homme de plusieurs coups de poignard. Lucrece se mit un poignard dans le sein pour reparer son honneur.

POIGNARD, se dit figurément en Morale d'une grande affliction qui perce le coeur. On peint la Vierge avec plusieurs poignards dans le coeur, pour representer ses douleurs. Cette nouvelle fascheuse qu'il a apprise luy a été un coup de poignard. Si vous ostez à cet amant sa maistresse, vous luy mettez le poignard dans le sein. Les reproches sanglans qu'on luy a faits luy ont été autant de coups de poignard. On dit aussi quand on fait faire une chose à quelqu'un par violence, ou malgré luy, qu'on luy a mis le poignard sur la gorge.

On dit proverbialement pour tromper ceux qui louënt fort quelque chose qu'on leur monstre, dans la pensée qu'ils ont qu'on la leur offrira par civilité, J'ay le poignard de même, parce qu'autrefois l'épée & le poignard alloient ensemble, & étoient de même parure, desorte qu'on ne donnoit point l'un sans l'autre, on ne les despareilloit pas.