s. f. On écrivoit autrefois Paesle. Utencile de ménage qui sert à remuer & à mesurer du bled, ou des grains, à enlever du fumier, des ordures, à enfourner le pain, à transporter du feu, ou des cendres, &c. Un feu de fer est composé de la pelle, des pincettes & des tenailles. On fait rougir la pelle pour ferrer de l'eau. On a fait provision de pics & de pelles pour un siege. Ce mot vient de patella, ou selon d'autres, de pala, qui est une espece d'éventail, selon Isidore & Papias. Il vient plustost de pall, mot Celtique ou Bas-Breton qui signifie pelle.

On appelle sur les ports Garçons de la pelle, ceux qui aident à mesurer & à porter le charbon, le grain, &c.

On appelle aussi pelle, ou pale, une bonde d'un estang, & ce qui sert à arrester l'eau dans les biez du moulin, ce qu'on leve pour faire écouler l'estang, ou pour faire tomber l'eau sur la rouë. On les appelle en quelques endroits les lançoirs. Ils sont faits en forme de pelles, mais ils ont double manche.

On dit proverbialement, qu'un homme a des écus à remuer la pelle, pour dire, qu'il a beaucoup d'argent comptant. On dit aussi, que la pelle se mocque du fourgon, quand quelqu'un raille ou reprend un autre d'un deffaut dont il est luy-même entaché, ou qui est d'ailleurs aussi ridicule. On dit aussi en burlesque d'un homme qui fait le suffisant, que c'est un petit Saint de bois sur une pelle ; ou qu'il fait le doux Dieu dessus une pelle, par corruption, pour dire dessous un poesle, comme dit Pasquier.