s. f. Partie cartilagineuse du visage, qui sert à couvrir les yeux, & à les deffendre d'une trop vive lumiere. Elle est faite d'un cartilage mince & delié, afin qu'elle soit plus mobile, flexible & legere. Elle est vestuë par dedans d'une petite membrane, & d'une peau delicate par dehors. Aux animaux terrestres la paupiere de dessous est immobile, & la plus petite. Aux oiseaux au contraire c'est celle de dessous qui est mobile, & la plus grande. Ceux qui ont les yeux durs, comme les escrevisses, n'ont point de paupieres, non plus que la plus-part des poissons. La nature a mis une troisiéme paupiere à la plus-part des animaux, qui se tire comme une espece de rideau pour nettoyer l'humidité qui pourroit incommoder les yeux. Il n'y a gueres que le singe qui en soit excepté, parce qu'il a des mains pour les frotter, comme les hommes. On ne peut regarder le Soleil qu'en cillant la paupiere. On dit de ceux qui ont des insomnies, qu'ils n'ont pû fermer la paupiere toute la nuit. On dit aussi, qu'un homme a fermé les paupieres à un mort, pour dire, qu'il l'a assisté jusqu'à la mort, qu'il luy a rendu le dernier service. Ce mot vient du Latin palpebra. Du Laurens le derive du Latin palpitare, qui signifie tressaillir, & se mouvoir promptement & en tremblotant.