s. m. Celuy qui tient & leve un enfant sur les fonts de Baptême, qui luy impose le nom. On ne baptise personne en ceremonie sans un parrein & une marreine. Le parrein contracte une alliance spirituelle avec les pere & mere de l'enfant. On a aussi des parreins & marreines en la Confirmation. Le nombre des parreins a été reduit à deux : car autrefois on en prenoit tant qu'on vouloit. Les Allemans s'en servoient pour s'enrichir, car ils prenoient des Princes pour parreins, qui leur faisoient de fort beaux presents. En France on en prenoit trois, deux parreins & une marreine pour un garçon, & un parrein & deux marreines pour une fille. Les cloches qu'on baptise ont aussi des parreins & marreines. Ce mot vient du Latin patrinus. Menage.

PARREIN, se dit aussi du Saint dont on a receu le nom au Baptême. St. Anthoine est le parrein de tous ceux qui s'appellent Anthoine.

Les Anciens de qualité faisoient coupper les premiers cheveux à leurs enfants par d'autres personnes de qualité qu'ils appelloient peres spirituels, ou parreins. L'Histoire rapporte l'exemple de Charles Martel, qui envoya son fils Pepin à Luitprand Roy des Lombards, afin qu'en luy couppant les cheveux il devinst son pere spirituel. On en a usé de même à l'égard de la premiere barbe.

PARREIN, s'est dit aussi de ceux qui assistoient de leur presence un Chevalier dans un tournoy, ou en un combat singulier.

Les parreins des duels étoient ceux qu'on avoit choisi comme Advocats des deux combattants, pour representer aux Juges les raisons du combat. On en prend encore par ceremonie dans les Carrousels. Il y en a deux en chaque Quadrille, ou davantage.

PARREIN, se dit aussi burlesquement de ceux qui ont donné un nom, ou un sobriquet à quelque chose. C'est un tel Conseiller qui a été le parrein de la Fronde.

Les parreins anciennement étoient de jeunes gens qui en la pompe du Cirque conduisoient les charriots, les representations & les images des Dieux. Ils étoient nommez patrimi & matrimi, & Ciceron en fait mention dans sa Harangue De Haruspicum responsis. Ils faisoient une fonction semblable à celle des jeunes enfants qu'on habille en Anges dans les ceremonies ecclesiastiques pour y jetter des fleurs, porter des encensoirs & des lumieres, accompagner les reliques & les images des Saints.