s. m. Vieux mot qui signifioit autrefois, Egalité de condition entre Nobles. Il y avoit des fiefs tenus d'un Seigneur de plein fief, dont les vassaux étoient egalement obligez de le servir en guerre & en plaid, & on disoit qu'ils étoient tenus en parage, ou en pairie. Les puisnez tenoient leurs fiefs en parage en pareil degré que l'aisné : & ces gens s'appelloient Parageaux & Parageurs. On le disoit aussi des cousins & autres parens, jusqu'au degré du quart au quint, auquel il n'est plus prohibé de se marier, & jusque là on pouvoit tenir un parage avec l'aisné ou chef de la famille, qui étoit obligé de garantir le parage, & porter la foy & hommage pour tous les autres.

PARAGE, se dit aussi des Coseigneurs ou de ceux qui possedent un même fief.

PARAGE, originairement signifioit, Noblesse, parce que tous les Nobles pretendent parité ou egalité en Noblesse : & ainsi on disoit autrefois, Emparager une fille, pour dire, la marier noblement & sans derogeance.

Haut parage, étoit un fief en Pairie la plus élevée, comme celles des Pairs & des Seigneurs mouvans immediatement du Roy, qui avoient été données autrefois en apanage à des personnes de Sang Royal : & en ce sens on disoit une femme de haut parage, pour dire, de tres-noble parenté & extraction. Reine de haut parage, c'est à dire, de haut parentage. Ce mot vient du Latin paragium, fait de par, signifiant parité.

PARAGE, en termes de Mer, se dit d'une certaine plage ou étenduë de mer. Nous estions en un tel parage, pour dire, en telle coste, à telle hauteur. Il n'y a point de ports, il n'y a point de fonds dans tout ce parage, en toute cette coste.