v. act. & n. Faire prendre aux bestiaux à la campagne la nourriture convenable. On mene paistre les boeufs dans les pastis & herbages. Les moutons paissent les prez, paissent dans les varenes, dans les jacheres. Les chevres paissent aux collines. On fait paistre aussi les bleds aux moutons, quand ils sont trop touffus quand ils poussent. Les cochons vont paistre dans les forests le gland, la faine, les chastaignes. Les petites Dames campagnardes menent paistre les poulets d'Inde, les oisons. Il y eut une telle sterilité, que les païsans furent contraints de paistre l'herbe.

En termes de Fauconnerie on dit, Paistre son oiseau, pour dire, luy donner à manger. On dit aussi, que les corbeaux, les vautours se paissent de charognes. Les bons oiseaux se paissent sur le vif.

PAISTRE, se dit même quelquefois des vegetaux. Josephe fait mention d'une herbe qui est de la figure d'un mouton, & qui paist l'herbe qui est autour d'elle.

PAISTRE, se dit aussi figurément en choses spirituelles & morales. JESUS-CHRIST a dit à St. Pierre, Pay mes brebis, en St. Jean. On dit aussi, qu'un homme se paist de vent, de belles imaginations, de chimeres, pour dire, qu'il se nourrit l'esprit de choses vaines & peu solides, d'esperance malfondées.

On dit proverbialement de ceux qu'on a rabrouez sur quelque demande ou proposition, qu'on les a bien envoyé paistre, pour dire, qu'on les a traitez avec mépris & indignité.