Subst. masc. Arbre de haute fustaye qui sert à faire des allées dans les jardins, & des avenuës. Il y en a de deux sortes ; l'un montagnard, qui est le plus grand & le plus ample ; l'autre champestre, qui porte plus de fruit. Son bois est nerveux & fort, mais il n'est pas beau. Il est roux & madré. Sa feuille est un peu crenelée, longuette, rude & aspre, madrée & crespuë. Il jette force vessies grandes & rondelettes, où il y a une petite humeur claire enfermée. Sa graine s'appelle samara. Il y a un autre arbre qui a des feuilles semblables à l'orme, que quelques-uns croyent estre une espece d'erable. Celuy-cy s'appelle en Latin carpinus, & le premier ulmus. L'orme sert à faire des moyeux, essieux, empanons, flesches, jantes, armons, lisoirs, moutons, timons, brancards, & autres ouvrages de charronnage. Les moyeux, essieux, flesclies & armons sont amenez & debitez en grume.
Aux villages on plante un orme devant l'Eglise dans le carrefour, d'où sont venuës ces phrases proverbiales. Danser sous l'orme, Juger sous l'orme : c'est le lieu où les Juges pedanées rendent leurs sentences. Attendez moy sous l'orme, qui se dit pour donner un rendez-vous où on n'a pas dessein de se trouver. L'origine de ce proverbe vient de ce qu'autrefois les Justices se tenoient à la porte des Palais du Roy, ou des maisons des Seigneurs. On les appelloit les plaids de la porte, comme tesmoigne loiseau : & parce que d'ordinaire il y avoit un orme, c'est pour cela qu'on a dit des premieres assignations données en Justice, Attendez moy sous l'orme.
ORME
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- Written by: Antoine Furetière
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