s. m. Trouble de l'air causé par l'impetuosité des vents & des pluyes. La Mer Balthique, la Mer Aegée sont sujettes à de furieux orages. Les galeres vont terre à terre, parce qu'elles ne peuvent pas resister à l'orage ; elles ne s'esloignent pas des ports où elles puissent se mettre à couvert de l'orage. Les grands vaisseaux ne craignent ni les vents ni les orages, ne craignent que la terre & le feu. Les tremblements de terre se mettent au rang des orages. Les ouragans sont les plus violents de tous les orages. Ce mot vient du Grec ouranos, parce que les orages viennent du ciel. On dit encore en quelques lieux ourage. Du Cange derive le mot d'orage, de orago, qu'on a dit dans la basse Latinité en la même signification, qu'il croist estre formé ab aurà.

ORAGE, se dit figurément en choses morales, d'un malheur passager, d'un trouble public ou domestique qui ne dure gueres. Les esmotions populaires sont des orages qui se calment aisément. La dissention des Princes cause de grands orages, de grands troubles à la Cour. Le vaisseau de l'Eglise a esté long-temps battu de l'orage, mais il a surmonté tous les orages, toutes les persecutions des Tyrans.