verb. n. Executer les ordres, le commandement, les volontez d'un autre. On obeït à Dieu, quand on suit ses commandements. Les Rois veulent estre obeïs. La Justice se fait bien obeïr de gré, ou de force. Il bien est doux d'obeïr à la beauté qu'on ayme.
OBEÏR, signifie aussi, estre dans la dependance, dans la sujettion de quelqu'un. Un Souverain est celuy qui n'obeït à personne. L'Egypte obeït au Grand Seigneur. Il y a plaisir d'obeïr à un Prince juste & victorieux.
OBEÏR, signifie encore, ceder à la force. Il faut obeïr à la necessité ; au plus fort. Ce Prince obeït au temps, il s'est retiré de la Cour, il a cedé la place à ses ennemis.
OBEÏR, se dit figurément des choses inanimées, & signifie, Plier, ne resister pas. Quand une balle trouve un rideau, une natte qui obeït, qui ne resiste pas, elle ne fait point de reflection, elle tombe. Le fer aigre n'obeït pas, il se casse, il ne vaut rien pour faire des ressorts. Il n'y a point de metail qui obeïsse plus sous le marteau que l'or, qui soit plus ductile.
OBEIR, en termes de Manege, se dit d'un cheval doux & dressé, & on dit qu'il obeït bien à la main, aux talons, qu'il obeït aux aydes, qu'il les connoist, qu'il y respond, qu'il obeït aux esperons, qu'il les craint, qu'il les fuit.
On dit proverbialement ; que pour sçavoir bien commander, il faut avoir obeï ; ce qui s'entend particulierement des commandements de la guerre, où il faut avoir esté soldat devant que d'estre Officier.
OBEÏ, ÏE, part. pass. & adj.
OBEÏR
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- Written by: Antoine Furetière
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