verb. act. & neutre. Faire changer de place, transporter d'un lieu à un autre. Archimede ne demandoit qu'un point fixe pour mouvoir toute la terre. Aristote croyoit que des intelligences faisoient mouvoir les cieux. Les Epicuriens soûtiennent que les corps ne se pourroient mouvoir, rarefier ni condenser, s'il n'y avoit du vuide. Cet homme est paralytique, il ne sçauroit plus se mouvoir.

MOUVOIR, se dit aussi en parlant du principe naturel qui fait agir & subsister tous les corps. La chaleur & les esprits font mouvoir tous les animaux. Ce sont de secrets ressorts qui font mouvoir tous les automates. L'eau est preste à se mouvoir, dés qu'elle trouve de la pente. Cette femme a senty mouvoir son enfant dans son ventre.

MOUVOIR, signifie aussi, Remuer, agiter. Les vents meuvent & agitent la mer pendant la tempeste. Il faut bien mouvoir & remuer le grain, quand on brasse la biere.

MOUVOIR, se dit figurément en choses spirituelles & morales. C'est l'entendement qui meut la volonté. Les objets meuvent les puissances. Un bon Orateur doit mouvoir les passions, mouvoir les esprits, mouvoir à compassion. Il n'y a que le desespoir & la rage qui l'ayent peu mouvoir à commettre un si grand crime. Le Roy dit dans les dispositif de ses Edits, A ces causes & autres considerations à ce nous mouvant.

MOUVOIR, se dit aussi des corps politiques. C'est l'esprit de ce Ministre qui fait mouvoir tout l'Estat, qui en fait agir les membres. C'est le General qui fait mouvoir l'armée.

MOUVOIR, en Jurisprudence feodale, se dit des fiefs entant qu'ils relevent, ou dependent les uns des autres. Cette terre est venduë à la charge de payer les droits aux Seigneurs dont elle se trouvera mouvoir, dont elle peut mouvoir.

MOUVOIR, se dit aussi au Palais, pour dire, Commencer un procez. On fait les transactions sur les proces meus & à mouvoir. On le dit aussi des querelles, & même des guerres.