subst. masc. Celuy qui entreprend la construction d'un bastiment, d'une muraille. Il a fait marché avec un Maistre Maçon pour luy bastir une telle maison suivant un tel dessein, & pour un tel prix, la clef à la main. On nomme des Jurez & Maistres Maçons pour estimer dés ouvrages pour visiter des bastiments, quand il y a quelque contestation sur ce sujet en Justice.

On appelle aussi Maçon, celuy qui travaille sous ces Maistres à la construction d'un bastiment, & qui employe le plastre & le mortier. Les gens propres apprehendent à voir venir les Maçons chez eux. Un aide à Maçon, est celuy qui sert à gascher le plastre, & à luy apporter les materiaux.

MAÇON, se dit figurément & par injure à toutes sortes d'ouvriers qui travaillent grossierement & malproprement à quelque besogne que ce soit. Un Savetier dit à son apprentif, qu'il travaille en vray Maçon. Le Maçon dit au sien, qu'il travaille en vray Savetier. Isidore dit que ce mot vient de Machir & de machines, à cause qu'un Maçon est obligé de se servir de Machines pour travailler sur le haut des maisons. Plusieurs le derivent de machino-Du Cange le derive de macerio, parce qu'on a appellé maceriae, ces longues murailles de closture qui enferment les vignes & autres heritages ; & qu'ainsi un Maçon est maceriarum constructor. On a appellé aussi un Maçon dans la basse Latinité, Magister Comacinus : ce que Leindenbrock dit estre derivé de Comacina, Isle de la Romagne, où du temps des Lombards se trouvoient les meilleurs Architectes.