MAQUEREAU, MAQUERELLE. subst. masc. & fem. Qui tient un lieu de prostitution, qui fait mestier de desbaucher des filles, qui fait les intrigues, les allées & venues necessaires pour cela. Ce mot, aussi-bien que celuy de Maquignon, vient de maque, qui en vieux François signifioit vente. Il y a encore à Paris l'Hostel de la Maque, où les Picards venoient vendre leurs marchandises : ce qui est fort vraysemblable. D'autres le derivent de machar Hebreu, qui signifie vendre. Tripault le fait venir de aquariolus, qui a signifié en Latin un homme qui sollicite la pudicité des filles. Et quelques-uns ont adjousté, que alcahuete dont se servent les Espagnols en la même signification, vient de aquahuete, quod aquam ferat. Menage pretend qu'il vient de macula, à cause que ceux qui representoient les maquereaux dans les anciennes Comedies, estoient vestus de diverses couleurs, comme on voit dans Tertullien de Pallio, & à cause qu'on appelle maquereaux ces taches qui viennent aux jambes, & les poissons d'Avril qui sont pareillement tachetez. Nicod rapporte les mêmes étymologies que Menage.

MAQUEREAUX, au plur. sont des taches de la peau qui viennent particulierement aux jambes & aux cuisses pour s'estre chaussé de trop prés. Ils sont ainsi nommez, par ce qu'ils imitent les taches du maquereau.

On appelle proverbialement un maquereau, un poisson d'Avril. On dit aussi de celuy qui ne paye point son escot, sa part de quelque despense commune, qu'il est franc comme un maquereau.