s. m. est une plante medicinale qui croist en Egypte au bord du Nil. Son fruit ressemble à la feve, & il pousse quantité de feuilles entassées blanches comme le lis. Elles se resserrent & plongent la teste dans l'eau, quand le Soleil se couche ; & elles se redressent, quand il paroist sur l'Horison. Il porte une teste & une graine comme le pavot, semblable au millet, dont les Egyptiens font du pain, comme tesmoigne Theophraste. Cette plante a une racine faite comme une pomme de coin, qui est bonne à manger cruë & cuitte. Quand elle est cuitte, elle a les mêmes qualitez que le moyeu d'un oeuf. Il y en a qui prennent le melilot pour le lotus domestique, ou un trefle ou triolet aromatique, que Matthiole appelle lotus urbana ou domestica ; Dioscoride parle d'un lotus sauvage, que quelques-uns appellent petit trefle, qui a ses tiges de deux coudées de haut, qui a plusieurs feuilles ou ailes semblables au trefle des prez, & qui a sa graine semblable au senegré, excepté qu'elle est plus petite.

Il y a aussi un arbre qu'on appelle lotus, qui croist en Afrique vers les Syrtes, qu'on appelle autrement alisier, qui porte un fruit fort agreable, & qui a donné le nom de Lotophages aux peuples qui habitent la contrée où il croist. Voyez Alisier.

Il y a un autre lotus bastard qui a des feüilles de coudre, & dont le pericarpe enferme une graine noire & chagrinée, approchant de la figure de celle de la faseole. On en voit la discription dans les Memoires de l'Academie des Sciences.