subst. fem. Le bord d'une estoffe, ce qui borne sa largeur des deux costés ; & se dit tant des estoffes de soye, que de laine, ou de fil. Les Marchands connoissent par les diverses rayes qui sont sur les lisieres du velours, s'il est à trois ou quatre poils. La lisiere est l'endroit le plus fort de la toile. Il n'est point necessaire d'ourler le costé de la lisiere. On dit, Mener un enfant par la lisiere, quand on le retient par une lisiere ou un cordon attaché au dos de sa robbe pour luy apprendre à marcher. Les nourrices l'appellent un tata. Menage derive ce mot de lisura, qui est un terme barbare dont Vossius fait mention.

LISIERE, se dit aussi des bornes, des extremitez d'un champ, d'une forest, d'une Province, d'un Royaume. Les Champs qui aboutissent au grand chemin ont souvent leurs lisieres mangées par les moutons qui y passent. Les bestes fauves endommagent fort les terres qui sont sur les lisieres des forests. Les ennemis vouloient entrer en cette Province, mais ils n'ont ruinée que ses lisieres.

On appelle dans les forests arbres de lisiere, ceux qui sont sur les extremitez des forests, qui les separent des chemins ou des autres heritages.

LISIERE, en terme de Poësie ancienne, se disoit de la fin des vers : & on appelloit rimes de lisiere, celles qui estoient au bout des vers, par opposition à celles que les vers nommez leonine avoient au milieu. Fauchet dit que les anciens Romains mettoient vingt ou trente vers tout d'une lisiere ou terminaison.

On dit proverbialement, les lisieres sont pires que le drap, quand un homme se deffend d'estre d'un pays qui a quelque tache, & qu'il ne s'en dit que voisin.