s. f. Partie du visage qui est double, qui ferme & couvre la bouche tant par-dessus que par-dessous. Les amans loüent leurs maistresses d'avoir des levres vermeilles, des levres de corail ; baisent le verre qu'elles ont touché du bout des levres. Les Mores ont de grosses levres. On se mord les levres pour s'empêcher de rire. On dit aussi d'un ris forcé, qu'il ne passe pas les levres. On met de la pommade sur les levres, quand elles font jercées ou crevassées. Les levres sont l'instrument de la parole. Les Matines commencent par cette invocation du Pseaume, Seigneur, vous ouvrirez mes levres. Jesus-Christ se plaignoit de son peuple, qui ne l'adoroit que des levres, qui ne faisoit que remuer les levres, & dont il n'avoit point le coeur.

LEVRES, en termes de Medecine, se dit des deux bords d'une playe. Ce blessé se porte mieux, les levres de sa playe sont vermeilles, elles commencent à se joindre pour se cicatriser. On recoud quelquefois les levres d'une playe. On le dit aussi des bords exterieurs de la vulve, qui sont des peaux spongieuses garnies de graisse.

On dit au Manége, qu'un cheval s'arme de sa levre, ou se deffend de ses levres, quand il les a si grosses, qu'elles couvrent les barres, & en ostent le sentiment, & rendent l'appuy du mords sourd & trop ferme.

On dit proverbialement, qu'un homme a le coeur sur les levres, pour dire, qu'il parle sans desguisement ; qu'il a la mort ou l'ame sur les levres, ou entre les dents ; pour dire, qu'il agonise. On dit aussi, qu'il a une chose sur les levres, pour dire, qu'il la scait bien, mais qu'il a quelque distraction, quelque deffaut de memoire qui l'empêche de l'expliquer dans le moment qu'il le voudroit.