s. m. Arbre qui est toûjours verd, & qui a une grosse feuille longue, large par enbas ; & pointuë par le bout, qui est solide, odorante & fort lissée. Il y a des lauriers masles & femelles, qui different en ce que le premier a ses feuilles larges, & l'autre plus estroites. Sa fleur est blancheastre & petite, pleine de mousse, presque semblable à celle de l'olive. Elle rend des perles premierement verdes, qui deviennent noires estant meures. Elles sont garnies d'un gros noyau, comme le fruit de bruscus. On les cueille à la fin de l'automne, & on en fait de l'huile appellé laurin. Les ramiers, les merles, les corbeaux & autres oiseaux se purgent des perles de laurier, & en usent comme de contrepoison. Si on frotte ensemble deux feuilles de laurier seches sur du soulfre pulverisé, il en sortira du feu. Dioscoride fait mention d'un laurier d'Alexandrie, qui est semblable au brusq ou myrthe sauvage, qui a des graines rouges. En Latin laurus Alexandrina, ou laurusidaea. les Anciens ont mis au rang des prodiges un laurier frappé du foudre.

LAURIER ROSE, LAURIER CERISE, sont de petits arbres qu'on esleve dans des Caisses, qui portent des fleurs rouges ou blanches comme des roses, ou des cerises. Il y a aussi des lauriers d'Inde, &c.

LAURIER, se dit figurémement en Morale, pour signifier la gloire d'un triomphe, d'une conqueste. Ce Prince a moissonné des lauriers, il est revenu chargé de lauriers & de palmes : parce que autrefois les couronnes de laurier estoient la recompense de la valeur & de la vertu. On en donnoit aussi aux excellents Poëtes, parce que le laurier estoit consacré à Apollon. Scuderi s'est fait peindre avec cette devise, Poete & guerrier, il aura du laurier.