s. m. Suitte de paroles dont des peuples particuliers sont convenus, & qu'ils ont mis en usage pour expliquer les uns aux autres leurs pensées. La diversité du langage a esté un grand obstacle à la conversion des Idolastres. Les estrangers n'entendent point nostre langage.

LANGAGE, se dit aussi en Grammaire & en Rhetorique de l'art qui apprend à polir & à orner les façons de s'exprimer. Un Orateur doit avoir grand soin de la pureté du langage, d'avoir un langage noble, pompeux, fleury, d'éviter le vieux langage, le langage bas & populaire. Les Poëtes se vantent de parler le langage des Dieux.

LANGAGE, se dit aussi de la maniere dont chacun parle selon son genie particulier. L'escriture se sert quelquefois de paraboles & d'allegories, c'est son langage. Les gens de bien parlent tout un autre langage que les impies. Cet homme s'est converty & a bien changé de langage.

LANGAGE, se dit figurément en Morale des signes muets, ou cris & sons inarticulez qui servent à faire connoistre plusieurs choses. Les Cieux ont un langage muet, qui annonce la gloire du Seigneur, dit le Psalmiste. Les animaux ont un certain langage entre eux, qui fait connoistre leurs passions. Les amants discrets se servent du langage des yeux. Souspirs, devoirs, petits soins, en amour tout est langage.

On dit proverbialement, qu'un homme n'a que du langage, du babil, pour dire, qu'il promet beaucoup, & qu'il n'execute rien, qu'il n'y a rien de solide en ce qu'il dit, que ce n'est que du verbiage.