v. act. Secher. Le grand vent qu'il fait aura bientost halé les chemins, les aura sechez.

HALER, se dit aussi de la chaleur qui fane les fleurs, qui noircit, qui brusle la peau, le teint du visage. Les paisannes qui ont toûjours le visage descouvert & au soleil n'ont garde qu'elles ne se halent. il ne faut que deux heures du grand soleil pour haler ces tulipes.

HALER, se dit aussi du linge qu'on passe legerement par le feu, soit pour achever de le secher, soit pour en faire sortir le mauvais air. Halez un peu ces chemises sur le feu, il y a trop long-temps qu'elles sont enfermées.

HALER, signifie aussi, Faire courir des chiens, des chevaux. On a halé les chiens aprés luy. On dit aussi, Haler les chiens, pour dire, les faire tirer à mont. Il faut souvent haler les chevaux qui remontent les rivieres. On le dit quelquefois des Sergents qu'on lasche aprés un prisonnier.

HALER, signifie encore, Bander la corde que tirent les chevaux qui remontent les bateaux sur les rivieres. En ce sens Nicod dit qu'il vient du mot Hebreu hala, qui signifie monter, eslever. Menage dit qu'il vient de agolare, diminutif d'ago. On nommoit autrefois haliers, ceux qui remontoient des bateaux, du Latin helcyarii, qui a esté employé par Martial en cette signification, & vient de helcyon, qui signifie corde. D'autres croyent qu'il vient de haleine ou haleter, parce qu'en effet dans ce travail on pousse son haleine avec effort.

En termes de Marine, Haler signifie generalement, Tirer à soy. Il signifie aussi, Peser sur un cable ou une manoeuvre pour la bander & faire roidir : ce qu'on fait faire à plusieurs matelots qui pesent tous ensemble sur un cable à un signal qu'on leur fait. Et on appelle ironiquement les nouveaux matelots, des haleboulines, quand ils ne sçavent pas les manoeuvres difficiles.

HALER, se dit aussi à la rencontre de deux vaisseaux, lors qu'ils se demandent le Qui vive.

HALER, signifie aussi, Lascher, faire couler la corde d'un navire, d'un bateau.

HALER, dans les atteliers, signifie, Attacher un fardeau à un cable.